Bruxelles, 15/10/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont donné, lundi 15 octobre à Luxembourg, leur accord pour que soit examinée et approfondie d'urgence la planification d'une éventuelle mission miliaire au titre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) pour aider l'armée malienne à reconquérir le nord du Mali aux mains de groupes islamistes. Cet accord est intervenu dans la foulée de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies (2701) adoptée vendredi pour préparer le déploiement d'une force internationale au Mali. Les pays de la CEDEAO ont 45 jours pour préciser leurs plans.
Les 27, pour leur part, souhaitent parvenir à une position commune avant la réunion du groupe d'appui et de suivi sur la situation au Mali qui aura lieu à Bamako le 19 octobre à l'initiative de l'Union africaine (UA), en consultation avec l'ONU et la CEDEAO.
« Tout le monde s'est félicité de la résolution des Nations unies. Nous allons travailler avec l'ONU, l'Union africaine et la CEDEAO pour préparer un plan au bénéfice de la population malienne. Le Conseil va préparer un concept de gestion de crises pour aider à former et à restructurer les forces de défense maliennes », a déclaré à la presse Catherine Ahston, la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE. Elle a formulé l'espoir que le Mali puisse bientôt connaître la restauration d'un État de droit et d'un gouvernement démocratique et souverain sur l'ensemble de son territoire. « Il y a un réel sentiment d'urgence » car « il existe un vrai risque pour toute la région du Sahel », a-t-elle ajouté.
Dans ses conclusions, le Conseil réitère les vives préoccupations de l'UE face à « la grave crise politique et sécuritaire qui affecte le Mali » et sa détermination à apporter son concours aux efforts entrepris par le Mali pour résoudre cette crise en concertation avec ses partenaires régionaux et internationaux. Il précise que le concept de gestion de crise devra « tenir compte des conditions nécessaires à l'efficacité d'une éventuelle mission, y compris le soutien plein et entier des autorités maliennes et la définition d'une stratégie de sortie ». Parmi les options soumises à l'examen des 27 la plus probable est le déploiement d'au moins 150 instructeurs militaires pour former les soldats maliens pendant six mois maximum. Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères de la France, pays dont les otages au Mali et le président de la République ont été directement menacés par l'un des groupe islamistes, s'est réjoui que l'UE ait « clairement décidé de s'engager pour le Mali et pour le Sahel ». L'UE est prête à reprendre progressivement la coopération avec le Mali dès l'adoption d'une feuille de route crédible, et elle s'engage, comme les 27, à poursuivre l'aide humanitaire en faveur du Mali et des pays voisins. La possibilité de sanctions ciblées, adoptées en lien étroit avec la CEDEAO, l'UA et l'ONU, sont envisagées contre les groupes armés au nord et ceux qui entraveraient le retour à l'ordre constitutionnel. (AN)