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Bulletin Quotidien Europe N° 10710
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) industrie

Automobile, Tajani regrette les limites de son plan d'action

Bruxelles, 15/10/2012 (Agence Europe) - Les querelles entre constructeurs automobile européens vont réduire la portée du plan d'action communautaire pour un secteur en souffrance.

Le commissaire à l'Industrie, Antonio Tajani, doit dévoiler début novembre son plan d'action pour aider le secteur automobile à surmonter la crise en agissant sur trois fronts. Pour favoriser l'innovation dans un secteur qui investit chaque année près de 28 milliards d'euros dans la R&D, M. Tajani propose d'augmenter de 500 millions d'euros les fonds européens destinés à soutenir la R&D, pour faire passer l'enveloppe prévue pour la période 2014-2020 à 1,5 milliard, et ainsi aider au développement des voitures électriques, à l'hydrogène ou hybrides. Deuxième domaine d'action privilégié, la réglementation intelligente, l'objectif étant de simplifier la réglementation pour faciliter les réductions de coûts des acteurs du secteur. « Si les réglementations portent sur la sécurité autoroutière et qu'elles permettent de sauver des vies, pas de problème. Les autres attendront », explique le commissaire dans un entretien au Journal du Dimanche du 14 octobre. Enfin, M. Tajani veut aider à l'international un secteur qui pèse 12 millions d'emplois et qui contribue à hauteur de 90 milliards d'euros à la balance commerciale, en se montrant plus strict dans la négociation d'accords commerciaux avec les pays tiers partenaires. Le plan devrait prévoir le contrôle aux frontières européennes des importations de véhicules asiatiques, la Commission s'engageant à veiller à obtenir des contreparties dans les prochaines négociations commerciales avec des partenaires asiatiques, en négociant par exemple des tarifs douaniers sur certains types de véhicules. M. Tajani promet en particulier d'être « très vigilant » dans les pourparlers avec le Japon. La semaine dernière encore, le PDG de Fiat et secrétaire de l'ACEA, Sergio Marchionne, en déplacement auprès de M. Tajani, réclamait de « laisser le temps à l'industrie automobile européenne de faire ses ajustements ». « Ce n'est pas le moment d'embrasser le libre-échange », insistait-il.

Le commissaire Tajani regrette toutefois les lacunes de son plan sur des sujets essentiels, comme celui des normes européennes pour les recharges de véhicules électriques. Si les constructeurs multiplient les lancements de modèles, l'harmonisation des systèmes de recharge patine faute d'accord entre industriels. Mais surtout, bien que la question soit pointée du doigt par le rapport du groupe CARS 21 remis en juin dernier, le problème des surcapacités, chiffrées à 20%, ne fera pas l'objet d'un soutien dans le cadre du plan. Le sujet divise les constructeurs eux-mêmes, entre ceux désireux d'un soutien de l'UE pour s'attaquer à des possibles fermetures de sites industriels, et ceux qui tournent à plein régime. Dimanche, M. Tajani a dit regretter les mésententes entre constructeurs français et italiens d'un côté, et allemands de l'autre. « Sur beaucoup de sujets, ils sont divisés. J'ai établi un plan d'action. À eux de se mettre d'accord », prévient-il. (EH)

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