Bruxelles, le 15/10/2012 (Agence Europe) - Athènes ne devrait pas trouver un terrain d'entente avec ses bailleurs de fonds avant le prochain sommet européen des 18 et 19 octobre, a déclaré lundi 15 octobre le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, rapporte le quotidien grec Kathimerini. La vieille dans le même journal, le Premier ministre grec, Antonis Samaras, s'était pourtant dit convaincu qu'un accord serait bouclé avant la réunion des vingt-sept chefs d'État et de gouvernement. Selon la presse grecque, le blocage se situerait au niveau des 89 actions prioritaires, entérinées en mars dans le cadre du 2ème plan d'aide accordé à la Grèce, qu'Athènes doit mettre en œuvre avant le 18 octobre sur injonction de l'Eurogroupe (EUROPE n° 10706). La possibilité d'un sommet extraordinaire de l'Eurozone, fin octobre, était même évoquée.
Malgré ces aléas, le climat entourant les négociations avec la Grèce s'est détendu grâce notamment aux assurances politiques délivrées par la chancelière allemande, Angela Merkel, en visite à Athènes (EUROPE n° 10706). Lors du Conseil européen, les chefs d'État et de gouvernement devraient en effet souligner « les efforts estimables et estimés que le gouvernement grec a entrepris ces derniers temps », a observé une source européenne, faisant remarquer que ce « sentiment (était) plus que partagé ».
Lundi, le ministre adjoint des Finances, Christos Staikouras, a souligné que les créanciers du pays avaient sous-estimé l'impact récessif des politiques d'austérité menées par le gouvernement depuis 2010, avec comme conséquence des résultats budgétaires « qui n'ont pas été à la hauteur ». La seule manière de rompre avec cet état de fait est, selon lui, d'accorder une attention particulière au « dosage des mesures ».
La semaine dernière lors des réunions d'automne du FMI et de la Banque mondiale, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, avait déclaré que deux années supplémentaires étaient nécessaires pour qu'Athènes atteigne ses objectifs de réduction du déficit budgétaire. Ce weekend, le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici, s'était d'ailleurs montré ouvert à un tel scénario. Plus réticent, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, s'était déclaré prêt à discuter du « rythme » de la réduction de dettes, mais pas de son « principe ». Il avait quand même écarté l'idée d'une faillite de la Grèce. (EL avec MB)