Bruxelles, 05/10/2012 (Agence Europe) - Une conférence à haut niveau sur les risques de désastres naturels en Méditerranée aura lieu le 8 novembre à Bruxelles au centre Borschette, organisée par le consortium 'PPRD South Team' (Programme de préparation aux risques de désastres naturels et dus à l'humain). Le consortium, qui regroupe presque tous les services de protection civile des pays du pourtour méditerranéen, et basé au centre de la protection civile italienne à Rome, a été lancé en 2008 et bénéficie de l'appui financier de l'UE.
'PPRD South Team' tient à souligner l'ampleur des risques potentiels dans cette région. Se référant à une étude en cours de l'OCDE et « approfondie » par ses soins, il affirme que plus de «14 villes portuaires méditerranéennes, avec plus de 1 million d'habitants, sont de plus en plus exposées à des risques comme les inondations dues aux ondes de tempête, le réchauffement et les haussements du niveau de la mer ainsi que la subsidence du sol ». Les risques potentiels sont chiffrés à « plus de 30 milliards d'euros, actuellement » et « jusqu'à environ 40 milliards d'euros en 2070 ».
Le consortium estime que « d'ici 2070 la population totale exposée pourrait plus que tripler à 5 millions de personnes » et cet accroissement s'ajouterait aux « effets combinés du changement climatique (haussement du niveau de la mer et des tempêtes), de la subsidence (affaissement de la surface de la croûte terrestre, NdlR) et l'urbanisation »
« Le risque peut être exacerbé par une planification urbaine insuffisante ou incontrôlée qui souvent porte beaucoup de personnes à vivre en zones de plus en plus vulnérables ». Il en retient que « plus de 1,5 million de personnes habitant les villes portuaires méditerranéennes est exposé à 1 jusqu'à 100 inondations côtières possibles par an. En termes de population exposée les six premières villes méditerranéennes classées sont: Alexandrie - de loin la plus exposée avec 1,3 million d'habitants à risque - Istanbul, Benghazi, Casablanca, Izmir et Alger. »
PPRD South Team se réfère aussi à un autre rapport sur « l'État des Villes Arabes 2012 » dû à UN-HABITAT (dépendant de l'ONU), lequel « affirme que les conditions météorologiques extrêmes et le haussement du niveau de la mer provoqués par le changement climatique représentent désormais des défis importants pour les villes du sud et de l'est de la Méditerranée ». Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord « deviendront de plus en plus chauds et secs avant la fin du siècle. Les modèles prévoient que d'ici 2050 le Mashreq sera plus chaud de 2,5 à 3,7ºC en été et de 2,0 à 3,1ºC en hiver. Au Maghreb, le changement climatique déplacera les vents occidentaux en provoquant d'ici 2030 une réduction moyenne de 12% des précipitations annuelles. » Cela « pourrait coûter aux pays de 1 à 7% de leur PIB ». À titre d'exemple, « la Jordanie pourrait y perdre de 1 à 2 % de son PIB, le Liban de 2 à 5%, les Territoires palestiniens occupés de 2 à 5 et la Syrie de 4 à 7%. » (FB)