Bruxelles, 28/06/2012 (Agence Europe) - Les futurs créanciers institutionnels de l'Espagne ont démarré, mercredi 27 juin dans la soirée, leur mission d'évaluation des besoins financiers du secteur bancaire espagnol et des mesures conditionnelles qui seront assorties à la future aide financière (EUROPE n°10641). Chef de file, la Commission européenne opérera en liaison avec la BCE, l'Autorité européenne de supervision bancaire et le FMI. Ce dernier apportera une assistance exclusivement technique.
Dans une déclaration adoptée mercredi 27 juin, l'Eurogroupe accueille favorablement la requête officielle espagnole parvenue le même jour que la demande d'aide chypriote (voir autre nouvelle). Selon lui, les besoins financiers des banques espagnoles ne dépasseront pas 100 milliards d'euros, cette enveloppe comprenant « une marge de sécurité additionnelle ». La mission des créanciers servira à confirmer les estimations des deux auditeurs indépendants mandatés par Madrid et qui situent les besoins de recapitalisation des banques espagnoles dans une fourchette entre 51 et 62 milliards d'euros. Elle déterminera aussi les mesures conditionnelles que l'Espagne devra appliquer en échange de l'aide. Ces mesures se focaliseront sur le secteur financier, « y compris des plans de restructuration (bancaire) en ligne avec les règles européennes en matière d'aides d'État et des réformes structurelles horizontales visant le secteur financier national ».
L'Eurogroupe s'attend à ce que l'État espagnol, qui demeurera responsable du bon déroulement du processus vis-à-vis de ses partenaires de l'Eurozone, respecte ses engagements budgétaires (diminution du déficit excessif de 8,9% à 5,3% du PIB en 2012, 3% en 2013) et poursuive « les réformes structurelles » afin de corriger « les déséquilibres macroéconomiques ». « L'Espagne n'a pas un programme d'aide classique. Mais en raison du lien entre la situation du secteur bancaire et les finances publiques, nous devons aussi garder un œil sur le budget de l'État espagnol », a indiqué le chef économiste de la BCE Peter Praet, au FT Deutschland du jeudi 28 juin. L'aide financière proviendra d'abord du Fonds européen de stabilité financière (FESF) puis du Mécanisme européen de stabilité lorsqu'il sera opérationnel. (MB)