Bruxelles, 28/06/2012 (Agence Europe) - Les sanctions pétrolières de l'Union européenne contre l'Iran, c'est-à-dire l'interdiction d'importation par l'UE de pétrole iranien et des contrats d'assurance ou de réassurance de son transport assurés par des entreprises européennes, « entreront sans exception » en vigueur dimanche
1er juillet, malgré des demandes d'exemptions de dernière minute de pays fortement dépendants de ce pétrole et de ces assurances, a annoncé mercredi 27 juin un responsable européen de haut niveau, sans nommer les pays demandeurs.
« Nous comprenons l'impact sur des partenaires (de l'UE), dont des partenaires stratégiques, mais il n'est pas possible de faire des exceptions », a-t-il précisé, car les compagnies d'assurances européennes représentent 85% de la réassurance du transport maritime de pétrole. « Nous ne croyons pas qu'il serait approprié d'adoucir les sanctions », a-t-il ajouté, car selon lui, étendre les exemptions aurait pour effet de mettre en question tout le paquet de mesures.
Ce responsable européen a aussi reconnu que ces mesures ont un « impact énorme sur nos États membres, cela a nécessité des ajustements considérables », en particulier pour l'Espagne, l'Italie et la Grèce, principaux importateurs européens de brut iranien. « Il n'a pas été facile pour les pays européens concernés de trouver des sources alternatives », a souligné le responsable, d'autant que la Grèce avait négocié des conditions extrêmement favorables. « Mais depuis, Athènes a trouvé des alternatives bien qu'à des conditions nettement moins favorables », a-t-il souligné, précisant que la Grèce n'a pas reçu de ligne de crédit spécifique pour compenser cette différence de condition. « Il en coûte, mais c'est un coût qui a été géré avec succès par les États membres », a-t-il ajouté.
Le responsable européen a précisé que l'efficacité des mesures prises sera « analysée dans les prochaines semaines et mois. Nous n'avons pas encore de chiffres », a-t-il expliqué. Il a aussi rappelé que l'entrée en vigueur de ces sanctions « n'est pas la fin de l'histoire », rappelant qu'elles font parties de la double approche: sanctions et dialogue avec l'Iran sur son programme nucléaire. « Chaque sanction peut être revue à n'importe quel moment. Il n'y a pas de périodicité fixe, cela peut être dans 6 mois ou un an », a-t-il précisé.
L'UE représente 20% des exportations totales du pétrole iranien et les exportations représentent 50% des recettes du régime. Outre l'UE, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud, qui ont réduit leurs importations, et la Chine sont de gros consommateurs de pétrole iranien. (CG)