Bruxelles, 28/06/2012 (Agence Europe) - La Commission doit remettre la semaine prochaine au Conseil sa demande de mandat pour ouvrir des négociations pour un accord de libre-échange avec le Japon. De son côté, les autorités nippones n'ont toujours pas transmis de date à l'UE pour la tenue du sommet annuel.
Les services du commissaire au Commerce Karel De Gucht transmettront la semaine prochaine une demande de mandat pour négocier un accord de libre-échange avec le Japon. M. De Gucht avait annoncé le 31 mai la fin de l'exercice de délimitation du champ de délimitation de l'accord (scoping exercise).
Au Parlement européen, le groupe des libéraux et démocrates est monté au créneau, jeudi 28 juin, pour déplorer qu'aucune date n'ait été fixée avant l'été pour l'édition 2012 du sommet annuel UE/Japon, qui se tient habituellement en mai. « Les réticences des États membres à ouvrir des négociations pour un accord de libre-échange sont naturellement à l'origine de cette annulation. Il est d'ailleurs regrettable que la majorité du Parlement ait fait preuve de la même frilosité », regrette au nom du groupe ADLE le Bulgare Metin Kazak.
Tandis qu'au Conseil, plusieurs États membres emmenés par l'Allemagne et la France, exigent plus d'engagements de Tokyo, en particulier en matière non tarifaire et de marchés publics, avant d'aller plus avant, le Parlement a adopté le 13 juin une résolution indiquant son souhait que le Conseil n'autorise pas l'ouverture de négociations commerciales avec le Japon avant d'avoir arrêté sa position sur le mandat de négociation pour la Commission. Lors d'un débat avec le commissaire De Gucht le 12 juin, une grande partie des députés avait dit douter de la volonté de Tokyo de supprimer ses barrières non tarifaires, d'améliorer l'accès aux marchés publics nippons, et d'améliorer l'accès au marché nippon pour les pharmaceutiques et l'automobile. En 2011, le Parlement avait exigé une feuille de route sur la levée des obstacles non tarifaires nippons.
Signe d'une probable vexation au regard des atermoiements européens, les autorités du Japon, qui doit accueillir le sommet annuel en 2012, n'ont toujours pas proposé de date aux autorités de l'UE. Le sommet n'est pas annulé, mais reporté sine die, laisse-t-on entendre du côté du Conseil.
Au Parlement, le groupe ADLE, qui n'a pas soutenu la résolution du 13 juin, se dit « persuadé que le lancement de négociations de libre-échange avec le Japon serait un signal positif en période de ralentissement de l'économie mondiale ». Les libéraux disent en outre espérer que les réticences du Conseil n'augurent pas d'une position similaire à l'égard du lancement de négociations de libre-échange avec les États-Unis. (EH)