Bruxelles, 23/05/2012 (Agence Europe) - Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a salué l'accord interinstitutionnel scellé mardi sur le lancement d'une phase pilote d'emprunts obligataires ou 'project bonds' visant à faciliter le financement de grands travaux, un mécanisme que la Commission européenne avait proposé il y a un an déjà (voir EUROPE n° 10618). Un accord qui arrive à point nommé, la veille d'un sommet européen informel en partie dédié aux mesures susceptibles de relancer la croissance.
« Déjà dans sa phase pilote, les emprunts obligataires pourraient débloquer jusqu' à 4,6 milliards d'euros d'investissement dans l'infrastructure et l'innovation, sur base d'un effet de levier de 230 millions d'euros issus du budget de l'Union », explique le commissaire dans un communiqué. Cette somme serait en effet utilisée comme garantie financière issue de l'UE et de la BEI pour lever moins cher des fonds privés destinés à la réalisation des grands travaux d'infrastructure dans les secteurs des transport, de l'énergie et des télécommunications. Pour M. Rehn, il s'agit donc d'une « initiative importante qui peut contribuer à renforcer notre économie » dans la mesure où « promouvoir l'investissement public et privé est en effet la pierre angulaire de notre initiative pour la croissance ».
La Commission rappelle son engagement de longue date pour stimuler les investissements. « Ces deux dernières années, la Commission a mis en avant plusieurs idées et initiatives pour utiliser l'investissement public de façon ciblée afin de mobiliser davantage les investissements et de les canaliser dans des projets porteurs de croissance et soutenant la croissance 'verte' », a indiqué M. Rehn. Il a cité par exemple l'utilisation des fonds structurels pour partager la prise de risque des investisseurs privés (voir autre papier).
Les groupes social-démocrate et chrétien-démocrate au Parlement européen ont eux salué l'accord sur les 'project bonds'. Dominique Riquet (PPE, français), rapporteur sur le Mécanisme d'interconnexion de l'Europe au sein duquel s'inscrivent les 'project bonds', a estimé que « nous ne retrouverons la croissance économique que si la discipline budgétaire, absolument nécessaire, va de pair avec des investissements ciblés ». « Ces obligations destinées à financer des projets seront un outil très utile pour relancer la croissance en Europe », a-t-il ajouté. Göran Färm (S&D, suédois), qui a mené les négociations pour le PE au sein du trilogue, a rappelé qu'il fallait trouver de nouvelles pistes pour augmenter les investissements dans la croissance, les emprunts obligataires pour les grands travaux étant l'une d'elles. Son groupe discute aussi d'autres voies, comme celle des euro-obligations, appelées aussi 'obligations Delors', a-t-il insisté. (MD)