Bruxelles, 23/05/2012 (Agence Europe) - L'UE doit, aux yeux du Parlement européen, se coordonner pour lutter contre la concurrence déloyale de la Chine et rétablir l'équilibre de sa balance commerciale à l'égard de son partenaire. Les députés suggèrent l'institution d'un organisme de surveillance des investissements du géant asiatique en Europe, dans les entreprises européennes comme dans l'achat de la dette publique.
Approuvé à main levée en plénière à Strasbourg mercredi 23 mai, le rapport de Marielle de Sarnez (ADLE) plaide pour un rééquilibrage de relations commerciales entre l'UE et la Chine, qui restent nettement l'avantage de la seconde avec un triplement de son excédent avec l'Europe, et pour un partenariat basé sur la réciprocité des règles, l'équilibre et la transparence des échanges bilatéraux. Le rapport de la députée française, qui vient en soutien des propositions annoncées en mars par le commissaire au Commerce Karel De Gucht (mécanisme pour la réciprocité des marchés publics, EUROPE n° 10579), encourage la Chine à ouvrir plus largement ses marchés aux entreprises européennes, en particulier ses marchés publics, et à adhérer à l'accord plurilatéral à l'OMC sur les marchés publics (GPA).
Déplorant les difficultés rencontrées par les entreprises européennes qui veulent exporter ou investir en Chine, en particulier dans les secteurs bancaire, des assurances et des télécommunications, tandis que la Chine multiplie ses investissements en Europe, le Parlement prône la création d'un organisme d'évaluation des investissements stratégiques étrangers sur le modèle du Comité pour l'investissement étranger aux États-Unis (CFIUS) et d'un système coordonné entre la BCE et les États membres pour identifier les détenteurs de dette souveraine dans l'Eurozone. Le Parlement préconise également de tempérer le système chinois de coentreprise et de transfert de technologies stratégiques, et dénonce les avantages commerciaux inéquitables dont profite la Chine, membre de l'OMC, en passant outre ses règles, en accordant des subventions publiques et des aides à l'exportation à ses entreprises et industries.
Enfin, le rapport de Mme de Sarnez prône un renforcement de la coopération douanière UE/Chine pour mieux lutter contre le piratage et la contrefaçon et recommande l'utilisation des instruments de défense commerciale en cas de besoin, en particulier pour défendre les droits de propriété intellectuelle. (EH)