Bruxelles, 24/05/2012 (Agence Europe) - Les leaders européens ont eu une discussion franche sur l'approfondissement de l'Union économique et monétaire (UEM) afin d'enrayer la crise de la dette souveraine, mercredi 23 mai à l'occasion de leur dîner informel. Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy fera rapport au sommet de juin sur les principaux éléments qui permettront de parvenir à un tel objectif. La question des euro-obligations, soulevée dans le cadre de cette réflexion, ne fait pas consensus.
Il convient de « passer à une nouvelle étape » pour l'UEM, a déclaré M. Van Rompuy jeudi 24 mai. En juin, avec la Commission européenne et la BCE, nous allons présenter « non pas un plan détaillé » sur l'approfondissement de l'union économique et monétaire dans le cadre des traités actuels mais « les principaux jalons » qui permettront d'atteindre cet objectif, a-t-il ajouté. Est notamment avancée la mise sur pied d'un système européen de résolution bancaire ainsi qu'un mécanisme européen de garantie des dépôts.
Euro-obligations. Selon le Premier ministre polonais Donald Tusk, « on voit clairement que, dans le dossier des euro-obligations, il n'y aura pas d'accord prochainement » dans la mesure où « il y a toujours le même groupe de pays sceptiques vis-à-vis de ce projet ». S'opposent notamment à une mutualisation partielle des dettes souveraines l'Autriche, l'Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas. Nous avons présenté nos positions respectives, a indiqué la chancelière allemande Angela Merkel, évoquant une discussion aux positions contrastées. L'Allemagne considère que les traités actuels ne permettent pas la création d'euro-obligations.
Le président du Conseil italien Mario Monti a vu au contraire « une majorité de pays favorables, dont le Royaume-Uni et la Slovaquie, » à une mesure qui « restera sur la table ». Ardent partisan des euro-obligations, le président français François Hollande a estimé que cet instrument servirait à mutualiser « les emprunts nouveaux » et permettrait aux pays en difficulté d'emprunter à des taux inférieurs. « Pour l'Allemagne, les euro-obligations ne peuvent être qu'un point d'aboutissement. Pour la France c'est un point de départ », a-t-il ajouté. Il a dit respecter l'opinion de Mme Merkel pour qui les euro-obligations ne sont pas des instruments de croissance. (MB avec JK/EH/FG/MD)