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Bulletin Quotidien Europe N° 10619
ÉDITION SPÉCIALE POUR LE CONSEIL EUROPÉEN INFORMEL DU 23 MAI 2012 / (ae) Économie

Croissance, rien de nouveau sous le soleil, sauf sur la BEI

Bruxelles, 24/05/2012 (Agence Europe) - Les dirigeants de l'UE ont eu tout le loisir, lors de leur réunion informelle de mercredi 23 mai à Bruxelles, de présenter leurs points de vue, parfois différents, sur les moyens de relancer la croissance économique en Europe, mais n'ont pas dégagé, à ce stade, de solutions réellement nouvelles, à part le besoin d'accroître le capital de la BEI. Les chefs d'État de gouvernement de l'UE prendront des décisions plus concrètes sur un Agenda pour la croissance lors du Conseil européen des 28 et 29 juin.

Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, a confirmé après le dîner informel des 27 que les débats ont eu pour but de discuter de la manière dont on pourrait encourager la croissance et l'emploi dans l'UE. « La réunion de ce soir visait à mettre la pression et à rapprocher les points de vue », a dit le président du Conseil européen. Le fait d'opposer la réduction des déficits et la croissance, c'est un faux débat, a lancé M. Van Rompuy, car il s'agit des deux faces d'une même médaille. Il a évoqué trois piliers pour relancer la croissance:

1) Mobiliser les politiques de l'UE pour appuyer la croissance: le Conseil européen a invité le Parlement européen et le Conseil à avancer rapidement sur des propositions législatives importantes comme l'Acte pour le marché unique et la directive sur l'efficacité énergétique. Il faut aussi finaliser, avant la fin de la présidence danoise (fin juin), les travaux sur le brevet européen, le seul problème en suspens étant celui du siège. Parmi les autres dossiers à faire progresser figurent: la directive services, l'agenda numérique, le commerce (comme vecteur de croissance et de création d'emplois).

2) Des mesures destinées à améliorer le financement de l'économie (investissements, meilleur accès aux crédits pour les PME). Le conseil d'administration de la BEI (Banque européenne d'investissement) a été invité par le Conseil européen à envisager l'augmentation de son capital d'ici le mois de juin, pour financer des projets partout dans l'UE (notamment dans le domaine des transports). Le Conseil européen a salué l'accord sur la phase pilote des emprunts obligataires pour le financement de projets ('project bonds'). La Commission fera rapport au mois de juin sur la reprogrammation des fonds structurels actuels, pour soutenir davantage la croissance, la formation et l'emploi. Il faudra aussi veiller à ce que, dans le cadre des négociations relatives au prochain cadre financier pluriannuel, les fonds de l'UE soient plus axés sur la croissance et la création d'emplois. M. Van Rompuy a dit aussi que les discussions allaient se poursuivre au Conseil sur la taxe sur les transactions financières (il est conscient des divergences qui existent sur ce sujet).

3) Des mesures destinées à renforcer la création d'emplois: il s'agit de politiques tant nationales qu'au niveau de l'UE. Il faut mettre pleinement à profit les plans nationaux pour l'emploi, pour stimuler davantage les synergies entre les instruments nationaux et européens. Il faut améliorer la reconnaissance des qualifications professionnelles, soutenir davantage les travailleurs mobiles, faciliter la portabilité des droits de pension et d'autres droits, et dresser un inventaire systématique des besoins futurs en matière de compétences.

Pour François Hollande, le président français, « il ne s'agit pas de mettre la croissance en opposition avec le sérieux budgétaire ». « Il y a ce que le marché intérieur peut apporter en favorisant les échanges entre les États membres. Mais il n'y a pas suffisamment d'incitations à l'investissement qui pourraient permettre aux pays européens de retrouver des taux de croissance plus élevés », a-t-il ajouté. M. Hollande a assuré que certaines des propositions sur la table « peuvent aujourd'hui déjà faire consensus », citant les 'project bonds', la recapitalisation de la BEI et la mobilisation des fonds structurels non utilisés. « Mais j'ai proposé qu'on aille plus loin », a insisté le président français, notamment sur le fait que les projets européens devraient être davantage ciblés, à ses yeux, sur les technologies nouvelles, la transition énergétique et les projets industriels (notamment à travers les projets de la BEI). M. Hollande a également souhaité que soit inscrite la perspective des 'eurobonds' qui serait une étape supplémentaire de l'intégration. Sur la taxe sur les transactions financières, François Hollande a dit qu'elle ne créerait pas directement de croissance car il s'agit d'un impôt, mais la recette qui en serait tirée serait affectée à un fonds qui pourrait être utile à l'investissement.

Angela Merkel, la chancelière allemande, a dit que ce dîner avait permis de préparer le Conseil européen de juin, de fixer l'agenda sur comment générer de la croissance par des mesures dans l'UE. « La consolidation budgétaire et la croissance sont deux faces de la même médaille », a-t-elle dit comme M. Van Rompuy. Elle a indiqué parmi les pistes évoquées un marché intérieur du travail, la hausse du capital de la BEI, une meilleure utilisation des fonds structurels. Les 'project bonds' doivent servir surtout à l'Espagne, à la Grèce, au Portugal et à l'Italie.

« Il y a un accord complet pour gérer les déficits et retrouver la croissance, il n'y a pas d'alternatives, cela va ensemble, on a besoin de l'un pour avoir l'autre », a dit David Cameron, le Premier ministre britannique. « Il y a un bon accord sur le fait que nous devons avoir une Europe plus compétitive, nous devons compléter le marché unique, nous devons faire des réformes structurelles », a-t-il ajouté. La taxe sur la transaction financière, « c'est une mauvaise idée, qui coûtera des emplois et la pension des gens, et rendra l'Europe moins compétitive », a conclu M. Cameron.

Mario Monti, le président du Conseil italien, a insisté sur le thème des retards de paiement dans les crédits aux PME. Il a observé au sein du Conseil européen une volonté d'« affronter le problème ». (LC avec EH/AN/FG/MD)

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ÉDITION SPÉCIALE POUR LE CONSEIL EUROPÉEN INFORMEL DU 23 MAI 2012
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INSTITUTIONNEL