Bruxelles, 26/04/2012 (Agence Europe) - « Nous, paysannes et paysans, réunis en assemblée générale à Rome ces 24 et 25 avril, apportons notre soutien et notre solidarité à tous les camarades en lutte pour la préservation des terres nourricières, l'accès à la terre et au métier. Nous sommes contre la vague de privatisation de terres publiques ». Cette déclaration émane de la Coordination européenne Via Campesina, qui regroupe 27 syndicats paysans, des organisations de travailleurs agricoles et des mouvements ruraux de 17 pays européens. L'organisation défend « la souveraineté alimentaire comme cadre des politiques agricoles et alimentaires ».
La vague de privatisation de terres publiques a lieu notamment, selon Via Campesina, en Andalousie où depuis début mars, des paysans et paysannes sans terre occupent à Somonte une ferme publique de 400 ha mise en vente spéculative. En France, deux paysans et une élue politique sont en grève de la faim pour s'opposer aux expulsions engagées en vue de la construction d'un aéroport à Notre-Dame des Landes. En Italie dans la vallée de Suze, des paysans résistent à l'expropriation à cause de la construction de la ligne TGV Lyon-Turin. Au Mali, des paysans ont été arrêtés pour avoir cultivé des terres desquels ils avaient été expulsés. Au Honduras, 1200 hectares de terre sont occupés depuis le 17 avril.
Ces luttes rejoignent celles menées de longue date en Roumanie, Autriche dans d'autres pays. « Partout en Europe, l'accès à la terre est un obstacle à la souveraineté alimentaire. La terre est un bien commun qui appartient à ceux et celles qui la cultivent et que personne ne devrait pouvoir s'approprier pour son propre profit », estime Via Campesina. (LC)