Bruxelles, 26/04/2012 (Agence Europe) - Le Sénat argentin a adopté par 63 voix contre trois, jeudi 26 avril, le projet de loi prévoyant la nationalisation de la filiale argentine du pétrolier espagnol Repsol, YPF.
Pour entrer en vigueur, la loi de nationalisation d'YPF doit encore être votée par la chambre basse du parlement argentin la semaine prochaine. Elle inclut YPF Gas qui, également contrôlée par Repsol, distribue du butane et du propane. La présidente argentine Cristina Fernandez, dont le parti est majoritaire dans les deux chambres, a dévoilé la semaine dernière son projet de nationaliser 51% d'YPF, première compagnie pétrolière du pays, en reprochant à Repsol d'avoir sous-investi après sa privatisation dans les années 1990. Repsol était jusqu'à présent propriétaire de sa filiale argentine à hauteur de 57,4%.
L'initiative du gouvernement argentin, qui s'ajoute à une série de mesures argentines restrictives aux échanges prises depuis 2008, est largement critiquée par l'UE. Au Conseil, les États membres ont apporté leur soutien à l'Espagne. Au Parlement européen, une résolution adoptée en fin de semaine dernière a dénoncé la décision « unilatérale et arbitraire » de Buenos Aires, irrespectueuse de l'accord bilatéral sur l'investissement qui lie l'Argentine et l'Espagne, et a appelé l'UE à envisager des mesures de rétorsion contre son partenaire latino-américain. La Commission européenne prépare de son côté la riposte européenne au protectionnisme argentin. Dans un courrier adressé le 19 avril au ministre argentin du Commerce Hector Timerman (EUROPE n° 10600), le commissaire De Gucht a dénoncé la série de mesures restrictives aux échanges prises par Buenos Aires, à laquelle est venue s'ajouter l'expropriation du pétrolier Repsol, en avertissant que l'UE « n'[exclut] aucune option » pour résoudre ces questions aux plans bilatéral et multilatéral. Un recours de l'UE auprès de l'OMC, soutenu par d'autres pays développés, pourrait être lancé d'ici quelques semaines. (EH)