Bruxelles, 26/04/2012 (Agence Europe) - À l'occasion de la réunion bisannuelle des ministres de l'Éducation des 47 pays participant au processus de Bologne, qui se tient à Bucarest ces 26 et 27 avril (EUROPE n° 10602), le réseau Eurydice, l'Office statistique Eurostat et Eurostudent ont publié un rapport faisant le point sur l'état d'avancement du processus. Plusieurs dimensions sont analysées: les changements démographiques, les conditions de financement, la classification des diplômes et des qualifications, l'assurance qualité, la dimension sociale de l'enseignement supérieur, l'employabilité, l'éducation tout au long de la vie et la mobilité. En cette période de crise, c'est surtout la question du financement de l'enseignement supérieur qui capte l'attention. Alors que certains gouvernements ont opéré de sévères restrictions budgétaires dans le secteur de l'enseignement supérieur depuis 2008, d'autres ont, au contraire, choisi de financer davantage le secteur mais, malheureusement, ils ne sont pas majoritaires, souligne le rapport.
Depuis sa mise en œuvre en juin 1999, le processus de Bologne a modifié le paysage de l'enseignement supérieur dans les pays participants: les structures ont été modifiées, les systèmes d'assurance qualité développés, les mécanismes pour faciliter la mobilité créés et les paramètres de la dimension sociale de l'enseignement identifiés. Et pourtant, les réformes ne sont pas suffisantes. Le rapport constate encore des problèmes persistants concernant la reconnaissance des qualifications d'un pays à l'autre. En matière d'assurance qualité, de nombreux pays n'autorisent toujours pas que leurs universités soient évaluées par des agences qui ne sont pas nationales. Pour la dimension sociale et l'aide aux étudiants, les schémas varient fortement, certains pays ne réclamant aucun minerval et octroyent même une aide financière aux étudiants, alors que d'autres réclament un droit d'inscription tout en octroyant très peu d'aides. Enfin, alors que plusieurs pays ont identifié les obstacles à la mobilité, ils n'ont pour la plupart pas encore adopté de stratégie pour les éradiquer. Lors de la réunion ministérielle à Louvain en 2009, les ministres ont établi quatre objectifs prioritaires à atteindre lors de la prochaine décennie, que la réunion de Bucarest va réévaluer: 1) finaliser les réformes structurelles et approfondir le processus de mise en œuvre ; 2) mettre en place un enseignement supérieur de qualité, en relation avec le secteur des sciences et l'éducation tout au long de la vie, et orienté vers l'employabilité ; 3) faire en sorte que la dimension sociale devienne une réalité en s'assurant que la population estudiantine de l'enseignement supérieur reflète bien les différentes couches de la population ; 4) s'assurer que au moins 20% des diplômés de l'EEES effectuent une partie de leurs études ou de leur stage à l'étranger. (IL)