Bruxelles, 26/04/2012 (Agence Europe) - Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a souligné que si le plan de Kofi Annan ne fonctionne pas, il faudra envisager un recours à la force.
Le ministre a jugé que « les choses ne se passent pas bien », que le plan de paix est « fortement compromis ». Il a souhaité que le déploiement des observateurs de l'ONU en Syrie ait lieu « sous quinzaine et pas dans trois mois ». Il a précisé que le prochain rapport de Kofi Annan, le 5 mai, serait « un moment de vérité ». Pour le ministre, si le traité est négatif, il « faudra passer à une autre étape sous chapitre VII des Nations unies pour franchir un nouveau pas pour l'arrêt de cette tragédie ».
Le Chapitre VII de la charte des Nations unies s'intéresse aux conditions de l'action du Conseil de sécurité « en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'actes d'agression ». Parmi les mesures, « le Conseil de sécurité (…) peut entreprendre, au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu'il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales. Cette action peut comprendre des démonstrations, des mesures de blocus et d'autres opérations exécutées par des forces aériennes, navales ou terrestres de membres des Nations unies ». Ce chapitre propose aussi différentes sanctions.
Mais une telle décision nécessite une décision du Conseil de sécurité et il serait fort probable que la Russie et la Chine utilisent leur droit de veto.
Depuis le début de la crise, les Occidentaux se sont toujours opposés à l'utilisation de la force, craignant de déstabiliser le pays et la région. Jeudi, devant des journalistes, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a éludé la question, soulignant que, pour l'instant, la priorité de l'UE est la fin des violences et l'accès de l'aide humanitaire et qu'elle appuie « sans réserve » le plan de Kofi Annan en six points. Lundi 23, lors du Conseil des Affaires étrangères, le ministre luxembourgeois Jean Asselborn a expliqué que « pour l'instant, et même dans le futur, la politique militaire coûtera des dizaines de milliers de victimes, il faut chercher une solution politique ». (CG)