Bruxelles, 24/04/2012 (Agence Europe) - Laissant entendre qu'il pourrait s'en retirer, le groupe pétrolier hongrois Mol jette le doute sur la réalisation d'un projet de gazoduc Nabucco mal en point.
Le groupe pétrolier hongrois Mol a laissé entendre, mardi 24 avril, qu'il pourrait se retirer du consortium Nabucco devant les nombreuses incertitudes entourant le projet de gazoduc censé acheminer le gaz de la région Caspienne et d'Asie centrale via la Turquie et en contournant la Russie, confirmant ainsi l'annonce faite lundi par le Premier ministre hongrois Victor Orbán. « Il y a beaucoup d'incertitudes autour du projet Nabucco qui sont difficiles à ignorer. Tant son financement que son approvisionnement en gaz sont incertains », indique le pétrolier hongrois dans un communiqué. « Je ne suis pas expert en la matière, mais je crois que même la société hongroise Mol quittera le projet », avait déclaré lundi M. Orbán, jetant un froid sur un projet porté à bout de bras par la Commission européenne. « Nabucco est en difficulté », avait-il insisté.
Un porte-parole du consortium Nabucco avait un peu plus tôt assuré n'avoir aucune indication d'un retrait envisagé par l'actionnaire de Nabucco en Hongrie, FGSZ, filiale de Mol. « Le projet de gazoduc Nabucco est fondé sur un traité signé et ratifié par les pays de transit, y compris la Hongrie. L'actionnaire Nabucco en Hongrie est FGSZ, et nous n'avons eu aucune indication que cela va changer », avait-il expliqué, dans des propos repris en substance par les services de l'exécutif européen. Finalisant le cadre juridique du projet, la signature en juin 2011 des accords de soutien au projet paneuropéen Nabucco entre les pays de transit du futur gazoduc Nabucco - l'Autriche, la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et la Turquie - et les énergéticiens parties prenantes au projet - l'autrichien ÖMV, le bulgare Bulgargaz, le hongrois MOL, le roumain Transgaz, le turc Botas et l'allemand RWE, à hauteur de 16,67% des parts chacun avait ouvert la voie à sa réalisation.
Reste que, lundi, le Premier ministre hongrois Victor Orbán a jeté le doute sur l'engagement de son pays en faveur d'un projet paneuropéen qui tarde à se concrétiser, faisant part de son intérêt pour le projet rival piloté par le pétrolier russe Gazprom, South Stream. Les Russes sont de plus en plus actifs dans leur projet, a-t-il fait remarquer, évoquant de « très simples raisons économiques » pour la Hongrie d'y être inclus. (EH)