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Bulletin Quotidien Europe N° 10502
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) ue/euro

Paris, Rome, Berlin conscients de la « gravité » de la situation

Bruxelles, 24/11/2011 (Agence Europe) - Le mini-sommet qui a réuni, jeudi 24 novembre à Strasbourg, les trois principales économies de la zone euro n'a pas été le théâtre de grandes annonces destinées à résoudre la crise de la dette souveraine. L'Allemagne s'oppose toujours à un rôle accru de la Banque centrale européenne pour venir en aide aux pays fragilisés, la France promet des propositions conjointes sur la gouvernance économique d'ici au sommet de décembre, l'Italie confirme son objectif d'équilibre budgétaire pour 2013. Les dirigeants de ces trois pays se rendront à Rome pour poursuivre leurs discussions.

« La BCE est indépendante et les modifications des traités ne toucheront pas la BCE », a déclaré Angela Merkel. La chancelière allemande est contre une intervention de l'Institut de Francfort visant à racheter massivement des titres de dette souveraine de pays en difficulté afin de faire baisser leurs coûts d'emprunt. Elle a aussi jugé les euro-obligations « inutiles et inappropriées ». Selon elle, la mutualisation des dettes de pays de la zone euro enverrait « un mauvais signal » en lissant les divergences de taux d'intérêt alors que ceux-ci constituent « un indicateur sur les domaines où des actions doivent être entreprises ». En revanche, Mme Merkel a estimé que « ceux qui ne se tiennent pas au Pacte de stabilité devront rendre des comptes ». « Cela n'a pas été le cas auparavant et nous en payons le prix aujourd'hui », a-t-elle ajouté. L'Allemagne prône une modification des traités européens destinée spécifiquement à l'Eurozone afin d'instaurer une culture de la stabilité budgétaire et favoriser aussi une convergence économique, voire fiscale.

« Nous sommes tous les trois conscients de la gravité de la situation », a assuré le président français Nicolas Sarkozy, promettant de « tout faire pour soutenir l'euro ». Il a plaidé pour une intégration et une convergence économique accrues « grâce à une modification des traités » car « la situation actuelle n'est pas satisfaisante ». Néanmoins, « si tout le monde n'est pas d'accord pour modifier les traités, nous trouverons un accord différemment », a-t-il considéré. Le mini-sommet de Strasbourg n'a pas permis de rapprocher les positions des deux plus grandes économies de la zone euro sur le rôle que la BCE pourrait jouer. « La France a une culture, l'Allemagne en a une autre », a reconnu le président français. Et de prôner le silence sur la question afin de respecter l'indépendance de l'Institut de Francfort.

Le Premier ministre italien Mario Monti est convaincu que l'Italie doit redevenir « un des éléments moteurs de l'intégration européenne ». Pour cela, Rome doit en premier lieu respecter ses engagements budgétaires et économiques. « J'ai insisté sur l'intérêt qu'a l'Italie à poursuivre, de manière rigoureuse et selon un calendrier serré, les objectifs de consolidation des finances publiques, en confirmant l'objectif d'équilibre budgétaire en 2013 », a indiqué M. Monti. Il a aussi insisté sur la nécessité de prendre également en compte le facteur de la croissance économique dans cet exercice. L'ancien commissaire européen a estimé que les euro-obligations pouvaient apporter « une contribution positive » dès lors qu'une « union budgétaire » est réalisée avec « des règles et des mécanismes pour l'application de ces règles ». « Tout est possible au sein d'une union budgétaire », a-t-il souligné. Favorable à plus d'automaticité en cas d'infraction au Pacte de stabilité et de croissance, il a rappelé s'être battu en 2003 pour que la Commission européenne attaque le Conseil de l'UE qui, sous Présidence italienne, avait fermé les yeux sur le non-respect du Pacte par la France et l'Allemagne. D'après lui, « ce fut une grosse erreur reconnue par tout le monde ». (MB)

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