Bruxelles, 18/07/2011 (Agence Europe) - La 3ème commission parlementaire mixte euro-marocaine, réunie le 13 juillet à Bruxelles, a salué les « avancées considérables » de la démocratie dans ce pays maghrébin en même temps qu'elle l'engage à une mise en œuvre concrète. Elle « encourage la mise en place rapide et effective des lois organiques prévues par la nouvelle constitution » adoptée par référendum le 1er juillet. Outre l'appréciation des évolutions politiques internes, la session a donné lieu à des échanges de vues et abouti à des recommandations sur des sujets de forte actualité: l'UpM (Union pour la Méditerranée) et le financement de la coopération bilatérale et régionale, les politiques migratoires et la sécurité dans la région sahélo-saharienne. Les députés sont « convaincus que les difficultés du processus de construction euro-méditerranéenne ne sont pas uniquement d'ordres financier et institutionnel mais aussi et surtout de nature politique », tout en estimant, de concert, que « l'UpM n'est pas une enceinte à même de se substituer à l'ONU en matière de règlement des conflits régionaux ». S'il faut évoquer le conflit avec Israël, on ne pourra pas ne pas en évoquer d'autres tel que celui du Sahara, a soutenu l'eurodéputé S&D français, Vincent Peillon, rapporteur sur l'UpM.
Les députés des deux parties appellent ensemble de leurs vœux à une relance effective de l'UpM et voient dans la nomination du nouveau secrétaire général, Youssef Amrani, un « signal politique fort d'engagement du Maroc ». Ils l'invitent « à faire des propositions institutionnelles pour l'accélération de la mise en œuvre des projets concrets de l'UpM ». Ils suggèrent « en particulier un renforcement de l'autonomie d'action du secrétariat, la mise à disposition effective par les États membres de l'UpM de moyens financiers et humains dans des délais les plus brefs, et le recours accru aux géométries variables ».
La Commission mixte a « appelé de ses vœux la tenue d'un deuxième sommet de chefs d'État et de gouvernement consacré à la relance et la réforme de l'UpM, focalisant le débat sur les moyens de donner un nouveau souffle à ce projet méditerranéen en tenant compte de la nouvelle donne régionale ». Parmi les recommandations, la mise en place de programmes de type Erasmus et Leonardo, une politique de mobilité et la création d'une banque euro-méditerranéenne. Tout en notant, les efforts budgétaires annoncés par l'UE, les parlementaires ont salué « le rôle primordial joué par la Banque européenne d'investissement et notamment par la FEMIP, premier investisseur en Méditerranée » en prenant note aussi de l'intention d'impliquer la BERD dans la politique méditerranéenne, notamment au Maroc. Ils « s'inquiètent » toutefois « des risques de concurrence et de chevauchement entre l'action des deux institutions au détriment du financement de projets, et soutiennent dès lors la mise en place d'une banque euro-méditerranéenne de co-développement ». (F.B.)