Bruxelles, 18/07/2011 (Agence Europe) - Les nations de l'Union européenne devraient utiliser les avoirs gelés du colonel Kadhafi et de ses associés afin de financer les efforts des rebelles pour la mise en place de leur propre administration. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont déclaré lundi 18 juillet que des États individuels, dans le respect des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, devraient se servir de l'argent pour répondre aux « besoins financiers urgents du CNT (Conseil national de transition) afin de lui permettre de servir le peuple libyen ». Les États membres de l'UE ont des exigences juridiques différentes quant à l'usage qui sera fait des fonds. Certains ont gelé les avoirs conformément aux résolutions de l'ONU et auraient besoin d'une décision du Conseil de sécurité pour les dégeler. « Il revient aux États membres de déterminer quelle sera la meilleure façon pour eux de soutenir le peuple libyen », a déclaré la Haute représentante, Catherine Ashton, expliquant que l'UE ne pourrait pas prendre de décision unique.
Dans une déclaration après leur rencontre, les ministres ont dit que l'UE « considère que le CNT est un interlocuteur politique légitime », après que les projets des rebelles pour l'avenir de la Libye, une fois M. Kadhafi parti, eurent été approuvés par les dirigeants européens, la semaine passée. Ils se sont engagés à fournir davantage d'assistance aux rebelles, mais les ont appelé à examiner des violations présumées du droit international, notamment des violations des droits de l'Homme. Parallèlement, la pression pour que l'OTAN maintienne le cap en Libye augmente. Les alliés sont divisés quant à leur mission, qui puise beaucoup dans les ressources militaires, tandis que Kadhafi reste bien implanté et les rebelles, eux, désorganisés sur le plan politique. L'OTAN, mené par le Royaume-Uni et la France, s'assure du respect d'une zone d'exclusion aérienne et de l'embargo sur les armes en Libye, tout en tentant d'empêcher les forces de Mouammar Kadhafi de prendre les civils pour cible.
Les ministres ont également noté les « défections constantes au sein du régime Kadhafi » et ont estimé que le dirigeant libyen « a perdu toute légitimité et doit renoncer au pouvoir immédiatement ». Ils ont affirmé que l'UE était prête à lancer une mission de sécurité en Libye pour permettre d'acheminer de l'aide humanitaire, si les Nations unies le demandaient. M. Kadhafi, son fils et le chef des services de renseignement libyens, font l'objet d'un mandat d'arrêt délivré par la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes contre l'humanité, et les ministres en ont pris note, tout en condamnant toute violation grave des droits de l'Homme et du droit international par le régime. (LoC)