Bruxelles, 18/07/2011 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères ont exprimé leur « profonde inquiétude », lundi 18 juillet, au sujet des conditions humanitaires en Syrie, et ont prévenu Damas que de nouvelles sanctions pourraient être appliquées après la répression militaire menée à l'encontre des civils. Durant leur rencontre à Bruxelles, les ministres ont affirmé que l'UE était prête à aider les pays dans la région, notamment la Turquie, à faire face aux conséquences de la fuite de nombreux Syriens qui franchissent la frontière. « L'UE note avec une profonde inquiétude la détérioration des conditions humanitaires de nombreux Syriens », ont déclaré les ministres, après avoir reçu le rapport de fonctionnaires se trouvant dans la région. « L'acheminement de biens et services de première nécessité a été interrompu à plusieurs reprises. Les autorités syriennes doivent empêcher d'autres interruptions d'avoir lieu », ont-ils affirmé.
Plus de 1300 personnes ont été tuées depuis le début de la répression menée par le régime du président Bachar Al-Assad, en mars, à l'encontre des manifestants. Les personnes se trouvant dans la zone frontalière avec la Turquie, où elles se sont rendues pour fuir l'armée, sont estimées à 15 000 personnes au moins. Les ministres ont rendu hommage à la « détermination et au courage du nombre croissant de Syriens qui continuent à exprimer leur aspiration par des manifestations pacifiques », parmi lesquels certains demandent la chute du régime. « Le régime doit laisser la place à un nouveau régime. Ce régime a fait son temps. Il n'a plus de crédibilité et de légitimité », a déclaré le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt. Son homologue britannique, William Hague, a dit au sujet de M. Al-Assad: « Cette décision revient au peuple syrien, mais j'estime qu'il devrait engager des réformes ou se retirer ».
Les ministres ont souligné que l'UE continuerait à imposer des sanctions aux responsables de la violence, jusqu'à ce que la répression prenne fin et que les aspirations du peuple syrien soient prises en compte, qu'il y ait donc une transition vers la démocratie. « Bien entendu, le temps d'appliquer des sanctions supplémentaires viendra », a déclaré M. Hague, mais les ministres n'ont pas décidé d'en ajouter de nouvelles à ce stade. L'UE vise à présent 30 personnes, y compris M. Al-Assad et trois membres importants des Gardiens de la révolution iranienne, avec un gel des avoirs et une interdiction de visa. Quatre entreprises sont également concernées. D'autre part, les ministres ont salué la formation d'un nouveau gouvernement dans le pays voisin, le Liban, mais se sont dits « préoccupés par l'absence d'engagement explicite à coopérer » avec le tribunal spécial dont la mission est d'enquêter sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre, Rafik Hariri. Ils ont déclaré que l'UE « attend la coopération totale de tous les partis avec le tribunal » et ont appelé le nouveau gouvernement à respecter toutes ses obligations relatives à la cour. (LoC)