Bruxelles, 18/07/2011 (Agence Europe) - Les consultations politiques engagées entre l'UE et la Guinée Bissau pour tenter de trouver une sortie de crise après la mutinerie du 1er avril 2010 et de remettre le pays sur la voie de la démocratie et de la bonne gouvernance sont closes, et la coopération au développement entre l'UE et ce pays ACP va pouvoir reprendre pas à pas au vu des progrès concrets qui seront réalisés dans la mise en oeuvre de ses engagements pour un retour plein et entier à la démocratie. Ainsi en a décidé le Conseil de l'UE lundi 18 juillet à Bruxelles, au vu des progrès déjà réalisés par ce pays dans les réformes. Cette reprise conditionnelle de la coopération sera fonction d'une feuille de route établie par les Européens.
L'UE salue en effet le retour à l'ordre constitutionnel après la conclusion pacifique des élections présidentielles et la prise de fonctions d'un président légitime et d'un gouvernement civil. Elle attend maintenant la tenue des élections parlementaires prévues au dernier trimestre de 2011, comme l'ont promis les autorités guinéennes, et est prête à fournir 5 millions d'euros pour soutenir ces élections.
« La première série d'actions est en bonne voie. Cela devrait nous permettre de reprendre la coopération dans les secteurs de l'énergie et du transport routier au cours des prochains mois. Une aide plus conséquente, comprenant notamment un appui budgétaire devrait être mise à disposition à un stade ultérieur dans l'attente de réformes structurelles dans le secteur de la sécurité et de l'adoption de mesures crédibles visant à lutter contre l'impunité et la criminalité organisée », commente Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement, dans un communiqué. Les consultations politiques avec la Guinée Bissau avaient été engagées en début d'année (EUROPE n°10305) au titre de l'article 96 de l'accord de Cotonou liant l'UE et 78 pays ACP (Afrique, Caraïbe/Pacifique). Cet article dispose qu'en cas de violation des éléments essentiels de l'accord (respect des droits humains, des principes démocratiques et de l'État de droit) un dialogue politique soit mené, préalablement à la suspension partielle de la coopération en cas d'échec, la suspension totale de la coopération n'étant qu'un dernier recours. La suspension partielle de la coopération avait été décidée par le Conseil sur recommandation de la Commission. Dans l'intervalle « l'UE avait continué d'apporter une aide substantielle à la population et continuera à le faire », précise le commissaire. (A.N.)