Luxembourg, 12/04/2011 (Agence Europe) - Outre de débattre du « concept opérationnel » pour une possible future intervention humanitaire de l'UE en Libye, accompagnée d'une mission de soutien militaire au titre de la PESD (voir autre nouvelle), les ministres des Affaires étrangères de l'Union ont aussi décidé, mardi 12 avril à Luxembourg, d'élargir les sanctions (interdiction de visa, gel des avoirs) contre le régime Kadhafi et discuté, en mode informel, avec un représentant du Conseil national de transition (CNT) des perspectives d'une solution politique au conflit. À la demande notamment de la France, de l'Italie et du Danemark (qui ont déjà reconnu le CNT comme représentant légitime) et malgré les fortes réticences d'autres pays (notamment Suède), les ministres ont en effet eu une rencontre informelle, en fin de déjeuner, avec Mahmoud Jibril, chargé des affaires étrangères dans le CNT. Celui-ci a réitéré aux 27 que les rebelles font du départ de Mouammar Kadhafi et de ses fils un préalable à tout règlement politique du conflit. C'est aussi pour cette raison, a-t-il expliqué, que le CNT a refusé le cessez-le-feu proposé lundi 11 avril par l'Union africaine car il ne prévoyait pas explicitement le départ du colonel
L'OTAN pressée d'intensifier les raids aériens. Le Royaume-Uni et la France, les deux forces motrices de l'intervention militaire en Libye avant que l'OTAN ne prenne les commandes de l'opération le 31 mars, ont demandé mardi que les autres pays de l'Alliance atlantique participant à l'opération intensifient leurs efforts. « Il faut (...) que l'OTAN joue pleinement son rôle » ce qu'en ce moment elle ne fait « pas suffisamment », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. « L'OTAN a voulu prendre la direction militaire des opérations, nous l'avons accepté. Elle doit jouer son rôle aujourd'hui, c'est-à-dire éviter que Kadhafi n'utilise là encore des armes lourdes pour bombarder les populations », a-t-il fait valoir. Sans frappes aériennes supplémentaires contre les armes lourdes pro-Kadhafi, « il n'y a pas la possibilité de desserrer l'étau qui pèse sur des villes assiégées comme Misrata ou Zenten », a aussi estimé, à Paris, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet. Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a également appelé l'OTAN à « maintenir et intensifier » ses efforts militaires en Libye pour protéger les populations civiles. L'Espagne et l'Italie, par contre, ont exprimé des réserves à l'égard d'une intensification des frappes. « Ce n'est pas nécessaire, l'action de l'OTAN se déroule bien, il n'y a rien à réviser en ce moment », a dit à Luxembourg le secrétaire d'État espagnol aux Affaires européennes, Diego Lopez Garrido. L'OTAN « a fait un bon travail », a-t-il insisté, jugeant que « la zone d'exclusion aérienne est un succès ». Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, s'est aussi dit « perplexe » face à la demande d'une intensification des frappes. Le ministre allemand Guido Westerwelle a réitéré que « l'Allemagne ne participera pas à la guerre en Libye » mais que Berlin était « prête à aider à atténuer les conséquences de cette guerre pour la population ». Une participation allemande à une mission humanitaire à Misrata (si elle a lieu) semble donc acquise. (H.B.)