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Bulletin Quotidien Europe N° 10357
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/italie

La polémique monte sur la présence de l'Italie dans l'UE

Rome, 12/04/2011 (Agence Europe) - La polémique n'a jamais été si vive, en Italie, sur la présence du pays dans l'Union européenne: la crise provoquée par le débarquement à Lampedusa de dizaines de milliers d'émigrés de Tunisie et de demandeurs d'asile de Libye et la réponse européenne aux demandes d'aide venues de Rome, jugée inadéquate par les autorités italiennes, alimentent un débat qui, en Italie, n'avait jamais été d'actualité depuis le lancement de l'intégration européenne. Et l'approche des élections municipales du 22 mai ne contribue pas à faire baisser le ton des discussions, que le président de la République Giorgio Napolitano, un Européen convaincu, et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso - voir nouvelle ci-dessous - s'efforcent de tempérer.

La journée de mardi a été marquée par de nouvelles déclarations polémiques, même si les ministres italiens qui ont participé aux réunions à Luxembourg des Conseils des ministres de l'UE ont un petit peu calmé le jeu. M. Angelino Alfano, ministre de la Justice, a dit que l'UE a écrit lundi « une mauvaise page de son histoire ». Et M. Roberto Maroni, ministre de l'Intérieur, qui lundi s'était posé la question de l'appartenance de l'Italie à l'UE - voir autre nouvelle dans ce bulletin -, a dit apprécier la position de la Commission, tout en répétant que les autres pays de l'Union ne sont pas solidaires de l'Italie sur le problème de l'immigration. Quant au ministre des Affaires étrangères Franco Frattini, il a invité tout le monde à garder son sang-froid et a reconnu que, sans l'Europe, l'Italie serait trop petite pour résoudre à elle seule ses problèmes, mais il a aussi déploré que l'UE n'ait pas agi comme une union politique et il a invité le président Barroso à reprendre en main le dossier de l'immigration pour y trouver une réponse européenne.

Samedi 9 avril, le Premier ministre italien Silvio Berlusconi, en visite à Lampedusa, l'île au sud de la Sicile qui est la terre italienne et européenne la plus proche de la Tunisie et de la Libye, avait lancé lui-même le débat sur la présence de l'Italie dans l'UE, en disant: « Nous devons faire les comptes avec la réalité: ou bien l'Europe est quelque chose de vrai et de concret, ou bien elle n'existe pas. Et alors il vaut mieux nous diviser et nourrir chacun pour soi ses peurs et ses égoïsmes ». M. Berlusconi avait ajouté que le problème de l'immigration est un problème européen et que la France et l'Allemagne n'avaient pas d'autre alternative que de reconnaître qu'il faut « agir ensemble » pour faire face « à un tsunami humain » (depuis le début, l'Italie a toujours été riche en images apocalyptiques, en prédisant des exodes « bibliques » ou « historiques » d'Afrique du Nord et en annonçant la présence de terroristes mêlés aux désespérés sur les bateaux de l'espoir).

Dimanche 10 avril, le président Napolitano s'était ému et préoccupé de ce langage, par contre apprécié par beaucoup de représentants de la majorité de centre-droit (mais critiqué par l'opposition du centre et de gauche): il avait appelé le ministre Frattini et avait invité le gouvernement et ses ministres à ne pas se moquer de l'Europe et, en premier lieu, à ne pas adopter des positions de rétorsion ou bien de dépit et encore moins des hypothèses de séparation de l'UE.

L'invitation de M. Napolitano « à ne pas se moquer de l'Europe » a été reprise par MM. Maroni et Frattini avec des distinguos polémiques. « Il est vrai qu'il ne faut pas se moquer de l'Europe. Mais si l'Italie demande de l'aide et n'obtient pas de réponse positive, il me semble franchement qu'il vaut mieux être seuls plutôt qu'en mauvaise compagnie », a dit M. Maroni, accusant l'UE de s'activer pour sauver des banques ou bien pour faire la guerre (en Libye, ndlr), mais de se cacher « quand il faut manifester concrètement de la solidarité envers un de ses pays en difficulté ». Et M. Frattini d'ajouter: « Je partage les mots du président Napolitano et je suis un Européen convaincu. Il ne faut pas jouer avec l'Europe, mais il ne faut pas non plus jouer avec les intérêts de l'Italie », tout en reconnaissant qu'il fallait aller « en avant avec l'Europe ». La solution n'est pas moins d'Europe, ou zéro Europe, mais plus d'Europe: une Union qui ne soit pas seulement monétaire et économique, mais aussi politique et qui ait donc une politique de l'immigration et la capacité de gérer le dialogue avec les pays d'Afrique du Nord bouleversés par le 'domino des satrapes'. (Gp)

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