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Bulletin Quotidien Europe N° 10357
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/libye

Les Vingt-sept divisés sur la question de l'EUFOR Libye

Bruxelles, 12/04/2011 (Agence Europe) - À l'heure où nous mettions sous presse, mardi 12 avril, les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis à Luxembourg, ne parvenaient toujours pas à adopter formellement le concept d'opération (CONOPS) d'une éventuelle mission militaire de l'UE de soutien à l'aide humanitaire en Libye (EUFOR Libye). Préparé la veille par le comité militaire de l'UE, le concept devait traduire en termes opérationnels la décision approuvée par les Vingt-sept le 1er avril (EUROPE n° 10350). Les délégations restaient toutefois divisées sur le principe même d'un soutien militaire à une action humanitaire et sur les limites de l'EUFOR Libye. Mercredi 13 avril, c'est aux ambassadeurs des Vingt-sept auprès du comité politique et de sécurité de faire le point sur la situation en Libye.

C'est notamment la Suède qui a contribué au blocage, en s'opposant à l'engagement de moyens militaires dans le cadre d'une mission humanitaire. Pour d'autres États, un soutien limité, venant notamment de la part de l'UE, serait acceptable, à condition qu'il soit conforme aux principes d'Oslo sur l'aide humanitaire. Ils n'excluent pas de recourir à un soutien militaire, à condition que la force engagée ne soit pas la même que celle aux commandes d'une opération militaire. L'UE reste aussi divisée sur les modes d'opération de l'EUFOR. Même si l'Allemagne avait confirmé lundi 11 avril, sa disposition, si « les conditions de la décision du Conseil de l'UE sont remplies » et si « le groupement tactique est la meilleure façon d'aider à la situation », à déployer pour le compte de l'EUFOR Libye ses éléments du groupement tactique mis actuellement en stand by sous commandement néerlandais (outre l'Allemagne et les Pays-Bas y participent également la Finlande, l'Autriche et la Lituanie), d'autres pays contestaient tout contact avec le sol libyen. La résolution 1973 des Nations unies, qui fonde l'intervention militaire en Libye, interdit, en principe, toute force d'occupation. « Beaucoup ont traduit cela par 'no boots on the ground' », selon un diplomate cité par l'AFP. D'autres font au contraire valoir que la résolution permet le déploiement de « tous les moyens » pour protéger les civils, ouvrant ainsi la voie à un débarquement temporaire, pour protéger les civils ou les agents humanitaires sur le sol libyen. Reste aussi une question de principe. Alors que certains, à l'instar d'Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères, estiment que l'UE ne peut être seulement « une ONG humanitaire », d'autres, y compris le Haut représentant de l'UE, demeurent réticents quant au développement des capacités militaires de l'UE.

Une fois approuvé, l'EUFOR Libye pourrait, à la demande du bureau de coordination de l'action humanitaire (OCHA), mobiliser en quelques jours les moyens nécessaires à son soutien. Celui-ci, tout aussi réticent à l'usage d'une force militaire, n'a à ce stade « identifié aucun besoin » d'un soutien militaire selon l'un de ses représentants - les opérations d'acheminement de l'aide humanitaire, entre autres vers la ville de Misrata où se déroulent les plus violents combats entre les forces fidèles au colonel Kadhafi et les insurgés se poursuivent par des moyens civils, via les navires affrétés par le Programme alimentaire mondial (PAM), la Croix rouge ou l'Organisation mondiale de la santé (WHO). (A.By.)

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