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Bulletin Quotidien Europe N° 10353
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/tunisie

Accord tuniso-italien sur la régularisation de migrants

Bruxelles, 06/04/2011 (Agence Europe) - La visite mardi à Tunis du ministre de l'Intérieur italien, Roberto Maroni, a finalement permis le déblocage de la situation vingt-quatre heures après celle infructueuse du président du Conseil, Silvio Berlusconi. Celui-ci n'avait pu convaincre les autorités de transition tunisienne d'accepter d'emblée le retour de quelque 20 000 réfugiés sur les côtes italiennes. Le déblocage est venu par le biais d'un compromis signé sur le champ par les deux pays et aussitôt annoncé mardi à la résidence de l'ambassadeur d'Italie par M. Maroni qui l'a présenté, prudemment, comme un « accord de sécurité à caractère technique ». Cet accord devrait « assurer une meilleure coopération entre les services de sécurité italiens et tunisiens avec une série de mesures et la fourniture à la Tunisie de moyens et équipements logistiques, selon un programme préétabli », a dit M. Maroni au cours d'une conférence de presse. M. Maroni a ajouté que cette coopération vise également à prévenir les départs d'émigrés clandestins vers l'Italie. Il « n'a pas souhaité préciser les montants alloués pour ces équipements », relève l'agence de presse tunisienne TAP qui précise cependant que « l'accord comprend un volet relatif au rapatriement des émigrés clandestins tunisiens ». Il a ajouté que cette coopération vise également à prévenir les départs d'émigrés clandestins vers l'Italie. Il « n'a pas souhaité préciser les montants alloués pour ces équipements », relève l'agence de presse tunisienne qui précise cependant que « l'accord comprend un volet relatif au rapatriement des émigrés clandestins tunisiens ».

La nouvelle a été confirmée par le Premier ministre intérimaire tunisien, Béji Caïd Essebsi, qui a fait état d'un «accord inédit » révélant que l'Italie a donné son feu vert pour la régularisation du séjour de 22 000 Tunisiens », qui pourront se déployer dans tout l'espace Schengen, a-t-il précisé. Il s'agit d'une admission temporaire de six mois assortie d'un engagement tunisien à réadmettre automatiquement sur son sol tout nouvel arrivant, explique avec une certaine discrétion l'Italie. L'essentiel serait de « fermer le robinet », selon une expression de Umberto Bossi, chef de file de la Ligue du Nord. « L'Italie offre la France aux immigrés tunisiens », commente Le Figaro.

L'accord de l'Italie pour la régularisation des migrants débarqués à Lampedusa a été apprécié par les Tunisiens alors que la situation dans le pays est qualifiée « d'étouffante » par le Premier ministre. Le contexte est marqué par
« l'oscillation du taux de croissance entre zéro et un pour cent », ce qui constitue, a-t-il dit, « un obstacle à la mise en place des programmes de l'emploi ». Il a, dans le même temps, annoncé que le gouvernement provisoire a adopté un programme économique et social qui sera exécuté à court terme et qui concerne, principalement, la consolidation de l'emploi, le soutien et le financement des entreprises économiques, le développement régional et l'action sociale, afin d'alléger la dégradation de la situation générale dans le pays. Son gouvernement « va veiller au recrutement de 60 000 demandeurs d'emploi dont 20 000 dans le secteur public, l'équivalent dans le privé, et autant dans le cadre de projets particuliers », selon l'agence de presse du pays. Ce serait l'unique parade pour ne pas nourrir les flux de migrants illégaux. (F.B.)

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