Bruxelles, 06/04/2011 (Agence Europe) - Les espoirs de la commission parlementaire de l'environnement du Parlement se sont évanouis pour ce qui est de barrer la route à toute tentative de vanter les vertus pour la santé de l'apport, dans les aliments pour bébés, de DHA (l'acide docsahexaénoïque), cet acide gras présent à l'état naturel, dans le lait maternel, et sous forme synthétique dans nombre de préparations pour nourrissons à base de lait (EUROPE n°10339).
Le Parlement européen a rejeté, mercredi 6 avril à Strasbourg, le projet de résolution qui s'opposait à voir autoriser dans l'UE l'allégation de santé selon laquelle l'apport de DHA de synthèse dans les aliments pour bébés « contribue au développement visuel normal des nourrissons jusqu'à l'âge de douze mois ». Le texte, élaboré par des eurodéputés du groupe S&D, n'a pas atteint la majorité qualifiée nécessaire de 368 voix. 328 députés se sont prononcés pour, 323 contre et 26 se sont abstenus. Ce projet invoquait l'absence de consensus scientifique clair sur l'effet des préparations enrichies au DHA sur les nourrissons, et soulignait que de plus amples recherches s'imposaient sur les effets possibles, tant bénéfiques que nocifs de l'apport complémentaire de DHA et que cette allégation de santé pouvait induire en erreur.
Rappelons qu'au terme d'une évaluation scientifique, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait donné son feu vert à l'utilisation de cette allégation de santé par les fabricants, au titre du règlement harmonisant dans l'UE le recours aux allégations nutritionnelles et de santé se rapportant aux denrées alimentaires (règlement 109/2008/CE). Le règlement autorisant cette allégation de santé entrera en vigueur 20 jours après sa publication au Journal officiel. Le BEUC est déçu que n'ait pas été entendu son appel au « veto » du Parlement à « l'utilisation d'une telle allégation infondée et trompeuse ». (A.N.)