Bruxelles, 06/04/2011 (Agence Europe) - Avec 53,8 milliards d'euros en 2010 (0,43% du RNB de de l'UE), le volume d'aide publique au développement (APD) de l'UE a atteint un niveau record, selon les chiffres préliminaires publiés mercredi 6 avril par l'OCDE. C'est 4,5 milliards de plus qu'en 2009, et cela permet à l'UE de conserver « sans conteste sa place de premier donateur au monde ».
Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement, n'a pas manqué de le souligner, avec un bémol toutefois, lié aux États membres les moins performants: « Les budgets d'aide représentent toujours moins de 1% du RNB. Ils doivent être augmentés si nous voulons atteindre nos objectifs ambitieux pour 2015 et rester crédibles. C'est un effort collectif et chacun doit fournir sa juste part », a commenté le commissaire. Plaidant également pour l'efficacité de l'aide « qui n'est pas une question d'argent », il a annoncé qu'il présentera cette année des propositions visant « un positionnement plus ciblé pour l'avenir de la politique de développement, une meilleure coopération et un impact plus élevé sur le terrain ».
En dépit d'un score honorable, l'UE et ses États membres ont échoué à atteindre collectivement 0,56% du RNB de l'UE, objectif intermédiaire qu'ils s'étaient pourtant fixé pour 2010 en vue d'atteindre 0,7% en 2015, date butoir pour la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement. Il manquait pour cela 14,5 milliard. Les performances inégales des États membres y sont pour quelque chose. Tandis que 17 États membres ont augmenté leur volume d'aide (Allemagne +9,9%, Autriche +8,8%, Belgique +19,1% Danemark +4,3%, Finlande +6,9%, France: +7,3%, Pays-Bas +2,2%, Portugal +31,5%, Royaume-Uni +19,4%), 10 États membres ont dépensé moins qu'en 2009, année où l'APD européenne avait, pour la première fois, enregistré un recul
(Espagne -5,9%, Grèce -16,2%, Italie -1,5%, Luxembourg -0,3% mais toujours parmi les champions de l'aide, Suède - 7,1% mais ce pays continue à allouer près de 1% de son PNB à l'APD).
Tandis que le Royaume-Uni et la Belgique ont déployé des efforts pour s'en tenir à leurs engagements respectifs, d'autres comme l'Italie (43% du manque à gagner) et l'Allemagne (46% du manque à gagner) sont loin du compte, a aussitôt déploré Oxfam International. En dépit d'une légère augmentation de l'aide européenne par rapport à 2009, les répercussions de la crise économique actuelle sur les budgets d'aide ne se feront pas sentir avant l'an prochain, et bien que l'UE demeure le plus grand donateur au monde, d'autres pays comme la Corée du Sud (+25,7%) prennent les grands moyens pour respecter leurs engagements, fait observer l'ONG.
« 2010 était censée être l'année où l'UE célébrerait un cap atteint sur la voie des objectifs du millénaire pour le développement. Au lieu de quoi, l'Europe a manqué cet objectif et projette des coupes sombres pour les prochaines années », déplore Nicolas Mombrial, conseiller d'Oxfam, Et pour donner la mesure du manque à gagner, l'ONG souligne que 14,5 milliards d'euros, c'est le coût de la scolarité de tous les enfants dans le monde (72 millions d'entre eux ne sont pas à inscrits à l'école primaire dans les pays pauvres), le paiement de salaires de près de 800 000 sages-femmes en Afrique subsaharienne (où le taux de mortalité maternelle est le plus élevé) et le coût de l'approvisionnement d'un million de personnes en moustiquaires pour les protéger contre le paludisme. (A.N.)