Bruxelles, 06/04/2011 (Agence Europe) - Toute discussion débouchant sur une éventuelle aide financière internationale commence par une requête formelle, or « je ne suis pas au courant d'une telle requête en ce sens », a déclaré mercredi 6 avril le porte-parole du commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn. La Commission européenne entretient néanmoins des contacts réguliers avec Lisbonne dans le cadre de sa surveillance continue des politiques budgétaires nationales.
D'après la presse économique portugaise, les principales banques du pays pressent le gouvernement, actuellement en affaires courantes, de négocier un prêt relais d'environ 15 milliards d'euros afin d'honorer les engagements financiers d'ici mi-juin, alors que de nouvelles élections auront lieu début juin. Ayant fait l'objet de dégradations de leur notation, elles considèrent être désormais trop exposées aux risques liés à la dette souveraine portugaise. Le porte-parole de M. Rehn a précisé que les instruments d'aide existants pour la zone euro ne permettent pas d'octroyer ce type de prêt à un État. « Au-delà de ça, tout ce qui peut être imaginé sur le plan bilatéral, cela ne nous concerne pas », a-t-il ajouté. Il n'a pas non plus pris position sur la capacité pour un gouvernement en affaires courantes de demander une aide financière internationale, cette décision étant, selon lui, du ressort national. Cette question oppose le parti socialiste du premier ministre sortant José Sócrates et le parti PSD (centre-droit) de Pedro Passos Coelho donné gagnant par les sondages préélectoraux.
Le Portugal a levé, mercredi, un peu plus d'un milliard d'euros à six mois et un an, à des taux nettement plus élevés que lors d'émissions similaires mi-mars (5,9% au lieu de 4,33% pour les bons à un an, 5,1% contre 3% pour les bons à six mois). « Les taux d'intérêt actuels permettent de conclure que les dégâts causés par le rejet du programme sont irréparables », estime le ministère des Finances, convaincu que l'État sera « en mesure d'assurer les engagements financiers prévus ». Le rejet par le parlement portugais d'un quatrième train de mesures d'austérité a entraîné la démission du gouvernement.
Grèce. Interrogé sur des discussions que mèneraient plusieurs pays sur une restructuration de la dette grecque, le porte-parole de M. Rehn a dit n'être « pas au courant ». Il a réitéré la position de la Commission selon laquelle l'aide financière internationale octroyée à Athènes en contrepartie d'un programme d'austérité permettra au pays de redresser ses comptes publics, de mener les réformes économiques nécessaires et de restaurer la confiance des investisseurs afin de revenir d'ici 2013 sur les marchés financiers. « Nous excluons le scénario d'une restructuration de la dette car nous avons un plan d'attaque », a-t-il souligné. Deux sujets qui pourraient rebondir lors du Conseil ÉCOFIN informel de Budapest les 8 et 9 avril (voir autre nouvelle). (M.B.)