Bruxelles, 06/04/2011 (Agence Europe) - Le sommet franco-italien sur l'immigration, annoncé dimanche 3 avril par le gouvernement italien, devrait se tenir le 26 avril prochain à Rome, indique l'AFP citant des sources gouvernementales françaises. Ce sommet doit évoquer la situation migratoire à laquelle est confrontée l'Italie, qui a accueilli plus de 20 000 migrants, notamment Tunisiens, ces dernières semaines, ainsi que la situation en Libye.
La tension est montée ces derniers jours entre les deux pays au sujet du sort des migrants tunisiens que la France renvoie en Italie, le gouvernement italien ayant d'ailleurs annoncé qu'il pourrait prochainement délivrer des permis de séjour temporaires à des centaines de migrants cela afin qu'ils puissent notamment circuler librement dans l'espace Schengen.
Presque quotidiennement, des centaines de nouvelles personnes accostent sur l'île italienne de Lampedusa, non sans difficultés. Mercredi 6 avril au matin, les autorités italiennes ont porté secours à une embarcation de plus de 150 migrants ayant chaviré. Quinze corps avaient été repêchés, 48 personnes sauvées et des dizaines de migrants étaient portés disparus au large de Lampedusa.
Mardi, dans une résolution, le Parlement européen a demandé au Conseil d'activer la clause de solidarité prévue par le Traité de Lisbonne en matière d'asile et d'immigration ainsi que la directive octroyant une protection temporaire aux réfugiés en cas d'afflux massif, cela afin d'éviter notamment « de nouvelles tragédies », a dit le député Rui Tavares (GUE/NGL), rapporteur par ailleurs sur le programme de réinstallation des réfugiés dans l'UE, bloqué au Conseil.
Mercredi, c'est dans une lettre envoyée aux États membres que la commissaire européenne en charge du dossier, Cécilia Malmström, leur a également à nouveau demandé de prendre en charge les Libyens fuyant les combats dans leur pays. Une lettre dans laquelle la commissaire suédoise estime notamment que « le flux continu de réfugiés en provenance du territoire libyen et sa possible augmentation » constitue une vraie préoccupation. Mme Malmström y évoque aussi la possibilité de considérer l'activation de la procédure de protection temporaire qui permettrait de donner une protection immédiate à ces personnes et de les accueillir sur le sol européen, cela si la situation venait à l'exiger, « ce qui n'est pas encore le cas aujourd'hui », dit une source.
En vertu de ce mécanisme, c'est à la Commission d'avancer une proposition d'activation de la directive 2001/55 quand elle juge que la situation l'exige et la décision revient ensuite au Conseil qui statue à la majorité qualifiée. La répartition des réfugiés entre les pays de l'UE, en vertu de cette directive, reste également volontaire. Mais selon une source, il n'existe aujourd'hui pas de volonté réelle du Conseil d'activer cet instrument. Parallèlement à cet outil, existent aussi les programmes de réinstallation des réfugiés existant dans une série de pays de l'UE, distincts de la directive 2001/55, explique une source, et que la Commission, comme le HCR, encourage également, notamment pour prendre en charge des milliers de réfugiés actuellement bloqués aux portes de la Libye.
Toutes ces pistes seront abordées lors du Conseil JAI du 11 avril. La Commission devrait aussi évoquer avec les ministres les mesures de court-terme envisagées, comme le renforcement de la mission Hermès à Lampedusa de l'agence Frontex, et celles à plus long-terme prévues pour le Conseil européen de juin, en l'occurrence des propositions pour travailler avec les autorités des pays concernés, Tunisie et Égypte notamment, sur la gestion des migrations et de futurs partenariats de mobilité. (S.P.)