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Bulletin Quotidien Europe N° 10331
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/climat

Une économie décarbonée en 2050, le 'must' pour la croissance

Bruxelles, 08/03/2011 (Agence Europe) - Présenter 'une feuille de route pour parvenir à une économie à faible teneur en carbone en 2050', en ces temps troubles de révolutions en Afrique du Nord, de défis économiques en Europe, d'augmentation du prix du pétrole et des denrées alimentaires, c'est un sacré défi. Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Action pour le climat, l'a volontiers reconnu, mardi 8 mars à Strasbourg, en présentant à la presse la communication de la Commission adoptée le même jour (EUROPE n° 10330). Mais réduire l'utilisation de carbone, c'est, selon elle, « plus que nécessaire » car il importe d'être « plus réfléchi dans la recherche de la croissance du XXIème siècle ».

La feuille de route adoptée par le collège ouvre la voie à cette mutation en offrant des pistes rentables et pragmatiques, et en déclinant pour la première fois l'objectif collectif en des objectifs sectoriels pour les secteurs clés de l'économie comme l'énergie, les transports, les bâtiments, l'industrie et l'agriculture. Cette « cartographie très poussée résulte d'une analyse très solide » fondée sur des postulats, a indiqué Connie Hedegaard. Les hypothèses de départ de la Commission européenne sont les suivantes: une réduction de 80% des émissions de l'UE à l'horizon 2050 doit se faire au plan interne, car il n'y a pas de possibilité bon marché de réaliser cet objectif ailleurs qu'en Europe ; - si la transition vers l'économie décarbonée doit s'opérer maintenant, cela n'a pas de sens d'investir des millions d'euros dans les pays tiers comme la Chine, via les mécanismes de compensation ; - les scénarios présentés par la Commission pour une Europe efficace dans l'utilisation des ressource et pour une stratégie à long terme de lutte contre le changement climatique reposent sur des technologies connues, comme la capture et le stockage du carbone (CCS), qui seront beaucoup plus largement diffusées à partir de 2020-2025 ; le scénario rentable pour l'UE, ce n'est pas une réduction de 20% de ses émissions en 2020 par rapport à 1990 (objectif unilatéral auquel elle a souscrit dans les négociations internationales), mais de 25% . Or, cet objectif ne pourra être atteint que si les 27 mettent les bouchées doubles pour atteindre leur objectif d'efficacité énergétique (20% d'économies d'énergie en 2020). À l'horizon 2030, l'objectif de réduction des émissions devra être de 40%.

« Il ne s'agit pas de fixer de nouveaux objectifs mais d'indiquer ce que nous devons faire pour les atteindre. L'objectif d'une réduction de 30% des émissions à l'horizon 2020 est toujours sur la table. Ce que nous présentons, c'est bon pour la santé économique, bon pour les entreprises. Il faut s'engager maintenant dans cette politique responsable car retarder l'action ne fera que la renchérir », a précisé Mme Hedegaard.

L'utilisation plus ciblée des fonds de cohésion pourra utilement aider les États membres qui sont à la traîne de l'efficacité énergétique (comme la Roumanie et la Bulgarie, par exemple), mais des pays comme la Suède et le Danemark qui sont à la pointe « peuvent aussi améliorer leurs performances ».

Réussir le passage à une économie décarbonée en 2050 nécessitera, certes, des investissements massifs dont le coût est estimé à 270 milliards d'euros par an pendant les quarante prochaines années. « Cela peut sembler beaucoup, mais ce surcoût est à mettre en regard des économies en carburant chiffrées entre 175 et 230 milliards d'euros par an », voire 400 milliards si l'on réduit de moitié les importations d'hydrocarbures. « C'est donc un investissement rentable. Il faut revenir au niveau d'investissement d'avant la crise », a souligné la commissaire, en insistant sur le potentiel d'une économie verte et innovante en termes de création d'emplois: 1,5 million d'emplois nets, selon la Commission.

Les ONG environnementales, comme Greenpeace et Friends of the Earth Europe, sont déçues car une réduction des émissions de 25% en 2020 (au lieu de 30 ou 40%) et de 80% (au lieu de 95%) à l'horizon 2050 conduira « à coup sûr à dépasser l'objectif de 2° Celsius » pour la hausse moyenne des températures à la surface de la planète. (A.N.)

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