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Bulletin Quotidien Europe N° 10305
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/Égypte

Les 27 appellent à la tenue d'élections libres et équitables

Bruxelles, 31/01/2011 (Agence Europe) - Alors que les manifestants en Égypte ne cessent d'accroître la pression sur le président égyptien Hosni Moubarak pour qu'il quitte le pouvoir pour ouvrir la voie à la démocratisation du pays, l'UE a adopté lundi une position intermédiaire: elle n'appelle pas publiquement au départ de Moubarak mais demande aux « autorités égyptiennes » actuellement en place de mettre sur pied un gouvernement d'ouverture qui doit gérer la transition démocratique du pays vers la tenue « d'élections libres et équitables ». Dans des conclusions adoptées lundi 31 janvier, le Conseil Affaires étrangères reconnaît les « aspirations démocratiques légitimes » du peuple égyptien. Les autorités devraient les écouter attentivement et prendre des « mesures urgentes, concrètes et décisives » pour y répondre, disent-ils. À cette fin, les autorités égyptiennes devraient donc « s'embarquer dans une transition ordonnée à travers la mise sur pied d'un gouvernement d'ouverture menant à un processus de réformes démocratiques substantielles avec le plein respect de l'État de droit, des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ». Tout ce processus doit « ouvrir la voie à des élections libres et équitables » et aboutir à une « Égypte démocratique, pluraliste et stable », insistent les ministres des Affaires étrangères. L'UE est aussi prête à accompagner et aider le pays sur cette voie, soulignent les 27.

Appeler au départ du président Moubarak aurait constitué une ingérence directe dans les affaires intérieures du pays et n'aurait jamais fait l'unanimité au Conseil, ont expliqué des diplomates. À l'ouverture du Conseil, Catherine Ashton avait déjà donné le ton en affirmant à la presse qu'« il appartient aux Égyptiens de décider de leur avenir ». Une position soutenue par la plupart des ministres comme l'Allemand Guido Westerwelle qui a souligné devant des journalistes que « l'UE ne prend pas partie pour tel ou tel mais s'engage en faveur de la démocratie, de la liberté de penser et des droits de l'Homme ». « Le reste est l'affaire du dialogue qui doit être décidé en Égypte même », a-t-il dit.

Ashton: « dialogue immédiat » avec l'opposition. A son arrivée au Conseil, Mme Ashton avait déjà appelé le président Moubarak et son gouvernement à engager « immédiatement » un dialogue avec l'opposition pour permettre de vraies réformes et répondre aux attentes de la rue. « Il est nécessaire d'aller de l'avant de manière pacifique sur la base d'un dialogue sérieux et ouvert avec les partis d'opposition et tous les éléments de la société civile et nous pensons que cela doit se passer immédiatement », a-t-elle déclaré à la presse. « Il est nécessaire de répondre aux griefs légitimes de la population égyptienne. Il faut répondre de manière urgente à leurs aspirations à avoir une vie meilleure, par le biais d'initiatives concrètes et déterminées, et via de réelles décisions », a encore dit le Haut représentant. « Le coeur de l'UE est basé sur la démocratie, l'État de droit et les droits de l'Homme, ce sont nos valeurs et nous pensons qu'elles devraient être respectées par les autorités égyptiennes », a-t-elle souligné appelant les forces de police égyptiennes « à faire preuve de retenue ». Mme Ashton a aussi demandé une nouvelle fois la libération de tous les manifestants pacifiques. (H.B.)

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