Bruxelles, 31/01/2011 (Agence Europe) - Le 5ème forum sur la cohésion a entamé ses travaux lundi 31 janvier à Bruxelles. Ce forum est en même temps la fin d'une période de consultation (s'étalant du 12 novembre 2010 au 31 janvier 2011) sur les avis et idées des États membres, des régions, des villes, des partenaires économiques et sociaux, des organisations de la société civile, des académiciens et des citoyens, sur la politique de cohésion et l'avenir de cette dernière. Une politique dotée de près de 350 milliards d'euros sur sept ans et qui finance 455 programmes de développement nationaux et régionaux dans tout l'UE.
La Commission souhaite que la politique de cohésion et son financement reflètent davantage la stratégie UE2020. Chaque État membre devra choisir un certain nombre de priorités limitées pour des investissements dans des domaines liés à l'horizon 2020 afin de mettre en œuvre cette stratégie. Et pour ce faire, l'investissement dans les régions et dans les villes est vraiment le meilleur instrument, a expliqué à la presse Ton van Lierop, porte-parole du commissaire Johannes Hahn (Politique régionale). Et de préciser: « Le financement régional, de cohésion est l'instrument permettant d'atteindre les perspectives de l'horizon 2020. Des objectifs ciblés seront fixés par région, par pays, par zones et pour les régions dont les performances sont les meilleures. On mettra à disposition des réserves de performance. Il faudra également satisfaire à un certain nombre de conditions. Ce que souhaite la Commission, c'est que tous les participants au Forum de cohésion nous disent ce qu'ils pensent de la politique de cohésion et notamment de cette politique dans l'avenir ». Une série d'idées sont déjà parvenues à la Commission par le biais de la consultation en ligne. La Commission continue à œuvrer à ses propositions législatives pour la période post 2013 de la politique de cohésion, a conclu le porte-parole.
Sont présents à cette manifestation les commissaires organisateurs Johannes Hahn (Politique régionale) et Laszlo Andor (Emploi, affaires sociales, inclusion), le président de la Commission José Manuel Barroso, les Premiers ministres hongrois Viktor Orban et polonais Donald Tusk, dont les pays assurent la présidence de l'UE cette année, ainsi que le Premier ministre lituanien Andrius Kubilius.
Dans cette perspective, le président du Comité économique et social européen (CESE) Staffan Nilsson a rencontré le 27 janvier Johannes Hahn pour évoquer la réforme de la politique de cohésion. Le président Nilsson a ainsi défendu le principe de partenariat à l'échelle régionale avec les représentants de la société civile organisée, « gage d'efficacité pour la future politique de cohésion 2014-2020 ». Un point de vue partagé pleinement par le commissaire Hahn.
800 participants de toute l'Europe se sont réunis à cette occasion à Bruxelles, ce qui témoigne du grand intérêt porté à cette politique, s'est félicité José Manuel Barroso devant le forum. « La solidarité est un principe fondamental de l'UE. La solidarité signifie que l'on dirige certains investissements vers les régions les plus pauvres d'entre nous et aussi vers celles qui subissent de plein fouet les réformes », a affirmé le président pour qui la politique de cohésion est le premier exemple d'une politique de solidarité telle qu'inscrite dans les traités. Elle aide à la suppression des inégalités sociales, territoriales et économiques. Mais elle aide aussi à la croissance et la prospérité dans toute l'Union en étant une politique d'investissement et un vecteur de croissance pour tous. Et de citer des chiffres: la politique de cohésion menée entre 2000 et 2006 a boosté le PIB de 0,7% en 2009 (pour l'UE 25). Au cours de la même période, elle a apporté en retour 2,10 euros pour chaque euro investi. « La politique de cohésion est donc une politique dont nous pouvons être fiers et continuer à l'être (…). C'est une politique de l'avenir, c'est la raison pour laquelle nous devons la réformer », a affirmé José Manuel Barroso. Le président a également insisté sur l'importance de la gouvernance à multi-niveaux. « L'Europe, ce n'est pas seulement Bruxelles, c'est aussi l'Europe à tous les niveaux de décision et l'Europe des citoyens », a conclu José Manuel Barroso.
Rappelons que dans le 5ème rapport sur la cohésion, publié en novembre 2010 par la Commission (EUROPE n° 10254), cette dernière a démontré, chiffres à l'appui, que la politique de cohésion participe grandement à la croissance et à la prospérité. Pour ne citer que quelques exemples, elle a contribué à la création de 1,4 million de nouveaux emplois, aidé quelque 34 millions de chômeurs à retrouver du travail, permis à 36 millions de personnes d'améliorer leurs compétences, contribué au financement de 4700 km d'autoroutes, de 1200 km de voies ferrées pour TGV, etc..
Après la séance d'ouverture, José Manuel Barroso a présidé la cérémonie de remise des prix aux « Régions d'excellence », qui sont cette année la Lituanie, le pays de Galles (RU) et le Brandebourg (Allemagne). Ce prix récompense les régions et les pays qui se sont distingués par des politiques, programmes et projets particulièrement bien en phase avec les objectifs de la stratégie UE 2020. (G.B.)