Bruxelles, 31/01/2011 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont décidé lundi 31 janvier de geler les avoirs du président tunisien déchu, Ben Ali, et de son épouse. D'autres responsables de l'ancien régime tunisien ainsi que des personnes de l'entourage de l'ancien président seront frappées par la même sanction, mais la liste définitive ne sera finalisée que dans les jours à venir, selon des diplomates. La décision n'entrera en vigueur qu'une fois qu'elle aura été formalisée et publiée au Journal officiel. Pour l'instant, le gel des avoirs n'est pas accompagné - comme c'est pourtant généralement le cas quand l'UE prend des sanctions contre des dictateurs - par une interdiction de visas. Mais une telle mesure n'est pas à exclue pour l'avenir, soulignent des diplomates.
Aide pour préparer les élections. Le Conseil Affaires étrangères a adopté lundi des conclusions dans lesquelles il salue « le courage et la détermination » du peuple tunisien et sa lutte pacifique pour ses droits et ses aspirations démocratiques. Les 27 réaffirment aussi leur solidarité avec la Tunisie et son peuple dans leurs efforts de mettre en place une démocratie stable, un État de droit et un système de pluralisme démocratique respectueux des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Le Conseil se félicite aussi de la décision prise par les autorités de transition de tenir, dans les meilleurs délais, des élections présidentielles et législatives qui soient démocratiques, libres et transparentes. « L'UE est prête, à la demande de la Tunisie, à apporter son appui politique et son aide juridique, technique et matérielle à la préparation et à l'organisation du processus électoral, entre autres sous la forme de l'envoi d'une mission préparatoire, ainsi que d'observation électorale », affirment les ministres.
Renforcer le partenariat. Les ministres appellent aussi à un « renforcement » du partenariat entre la Tunisie et l'UE afin d'appuyer les réformes démocratiques, économiques et sociales. L'UE se dit également prête à mobiliser l'ensemble de ses instruments pour mieux accompagner le cours des réformes politiques, économiques et sociales en Tunisie, pour renforcer ses institutions démocratiques et soutenir davantage la société civile du pays. Les 27 prévoient aussi d'actualiser leur stratégie et leur assistance à la Tunisie dans le cadre de la politique européenne de voisinage: ils souhaitent notamment conclure avec le gouvernement qui sortira des prochaines élections démocratiques les discussions sur le 'statut avancé', lit-on dans les conclusions. (H.B.)