Agadir, 31/01/2011 (Agence Europe) - Les représentants des territoires euroméditerranéens se sont réunis le 29 janvier à Agadir (Maroc) au sein de l'ARLEM (Assemblée des régions et des autorités locales euroméditerranéennes), née il y a un an à Barcelone, qui tenait sa première session annuelle sous la présidence conjointe du Comité des régions européen (CdR) et, pour les pays de la rive sud, du Maroc. Cette session a eu lieu alors que la situation dans laquelle se déploie l'UpM (Union pour la Méditerranée) demeure non clarifiée et ce qui a conduit le secrétaire général de cette union à lâcher prise et à renoncer officiellement à son mandat. (EUROPE n° 10304). Malgré les difficultés institutionnelles et des tensions internationales, les représentants locaux ont réaffirmé leur « engagement à maintenir le dialogue et la coopération entre les trois rives de la Méditerranée », la rive européenne, la méridionale et l'orientale. Ils ont maintenu leur ambition de devenir la « dimension territoriale » du dialogue euroméditerranéen dans sa globalité. Ils se sont félicités d'avoir acquis depuis six mois le statut d'observateur permanent au sein des structures de l'UpM dont le secrétaire général adjoint en charge de l'eau, le Palestinien Rafiq Hussein, a, lui aussi, affirmé l'engagement de maintenir avec l'ARLEM un contact opérationnel étroit. Même si la nature de ce lien a été mise en doute au cours des débats, selon la conviction que les autorités locales ont un potentiel de coopération suffisant pour déployer une activité autonome à l'abri des soubresauts institutionnels et politiques qui affectent l'UpM.
Néanmoins, le secrétariat général de l'organisation basée à Barcelone a fait savoir, à l'occasion de cette réunion à Agadir, son désir de recueillir des propositions de projets à soumettre aux organes directeurs de l'UpM, ce dont se sont félicités les membres de l'ARLEM auxquels les associations de recherche universitaire ont également fait savoir qu'ils attendaient leurs suggestions d'études techniques. Le souci demeure de recueillir des appuis financiers conséquents alors que, selon un des rapporteurs, seule une « très faible proportion des ressources budgétaires » de la PEV (« politique de voisinage ») a bénéficié aux villes et régions euroméditerranéennes.
Le principal instrument de la politique au profit des territoires et régions euroméditerranéens sera la « décentralisation » et Jacques Blanc (du Languedoc-Roussillon), ancien président du CdR, a ajouté que la demande démocratique en développement dans les pays partenaires méditerranéens devrait concerner en premier les autorités locales. Le besoin de transparence a été souligné dans diverses interventions. « Je crois que la décentralisation peut contribuer au développement de tous les territoires de manière démocratique en impliquant les populations dans la gestion de leurs propres affaires », a dit Mercedes Bresso présidente du CdR et co-présidente de l'ARLEM. Et, a-t-elle ajouté: « Est-ce un hasard que les mouvements de contestation (actuellement en Égypte après la Tunisie notamment) ont eu souvent comme point de départ des villes et des régions éloignées des centres politiques et économiques et comme point de départ le sentiment d'être à l'écart ? ». Elle estime ainsi que « les populations de la région euroméditerranéenne méritent que leurs représentants politiques se mobilisent pour faire de la cohésion sociale et territoriale une réalité dans la région ».
La session a donné lieu à un débat large sur base de trois rapports, l'un sur « la dimension territoriale », un autre, sur « la gestion locale de l'eau » et, enfin, sur le « développement urbain » pour lequel un représentant de la co-présidence française, Gilles Pennequin, a affirmé la détermination à rehausser ce sujet dans l'espoir de convoquer une réunion ministérielle sur cet aspect. De précédentes rencontres programmées avaient été annulées dans le contexte de « l'après-Gaza ».
Au terme de la session, l'ARLEM a décidé de tenir sa prochaine réunion à Bari, dans le sud de l'Italie et retenu pour ce rendez-vous quatre thèmes de rapports: sur le changement climatique (en particulier s'agissant de la désertification), sur les énergies renouvelables, sur le rôle des petites et moyennes entreprises dans les politiques régionales et, enfin, sur l'héritage culturel. (F.B.)