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Bulletin Quotidien Europe N° 10305
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/agriculture

La France veut une nouvelle gouvernance mondiale

Bruxelles, 31/01/2011 (Agence Europe) - Le ministère français de l'Agriculture a apporté jeudi 27 janvier des précisions sur les propositions de la France au G20 dans la lutte contre la volatilité des matières premières agricoles et pour la création « d'une nouvelle gouvernance mondiale de l'agriculture ». Une réunion ministérielle du G20, actuellement présidé par la France, est prévue en juin à Paris pour discuter de cette question et présenter des propositions lors du sommet décisionnaire qui aura lieu en novembre.

Pour assurer plus de « transparence » sur les marchés, la France est favorable à la création d'une base de données mondiale qui regrouperait les principales informations sur les productions agricoles (stocks, cultures, production, consommation...). Cet outil s'inspirerait de celui mis en place dans le secteur du pétrole avec le Joint Oil Data Initiative (JODI). Il s'agirait d'harmoniser les données disponibles sur les marchés agricoles, pour les rendre utilisables. Toujours dans un souci de « transparence », Paris suggère qu'une « distinction » soit faite entre opérateurs « spéculatifs » et « commerciaux ». Le système fonctionne aux États-Unis où les opérateurs disposent d'une sorte de « carte d'identité » sur laquelle ils déclarent leur profil.

Pour lutter contre la spéculation, la France préconise des limites de position, un système qui empêcherait un opérateur d'acheter en grandes quantités créant ainsi artificiellement un phénomène de rareté. Ce dispositif existe aux États-Unis (Dodd Frank Act, juillet 2010). La France espère aussi parvenir à un système d'enregistrement des opérations de gré à gré.

La France souhaite également une meilleure coordination entre les membres du G20 pour éviter des flambées des prix sur les marchés comme l'été dernier lorsque la Russie a imposé un embargo sur ses exportations de blé. Le gouvernement français irait jusqu'à prôner l'utilisation par l'OMC de dispositifs pour interdire ou limiter les restrictions à l'exportation, notamment vers les pays les plus pauvres. La France prône également une aide aux pays les plus vulnérables, avec la création ou le renforcement de réseaux de stocks et notamment de stocks d'urgence.

Appel en faveur d'une réglementation efficace pour lutter contre la spéculation. Lors du Forum économique mondial à Davos (Suisse), le COPA-COGECA (organisations et coopératives agricoles) a demandé, vendredi 28 janvier, « une réglementation efficace pour lutter contre la spéculation excessive sur les prix des produits de base agricoles. Ceci permettrait de réduire la volatilité extrême sur les marchés ». « Il convient de limiter les phénomènes extrêmes, caractéristiques de la plupart des marchés financiers. Je ne prétends pas avoir la solution mais une plus grande transparence et plus d'information permettraient certainement d'améliorer la situation », a déclaré Padraig Walshe, président du COPA. « Cela pourrait également passer par une limitation des positions ou par une fermeture des marchés quand les prix dépassent un certain niveau. Des contrôles efficaces contre les manipulations avérées du marché sont nécessaires », a-t-il également proposé. Il a toutefois reconnu que la spéculation peut aussi jouer un rôle positif, poursuit le communiqué. « La plupart des opérateurs de la chaîne alimentaire, que ce soient les transformateurs, les négociants, les fournisseurs d'intrants, les coopératives ou des agriculteurs, utilisent les marchés à terme pour se prémunir contre les risques liés aux prix », a expliqué le président du COPA. « La volatilité extrême sur les marchés, observée récemment, est le résultat d'autres facteurs fondamentaux comme le changement climatique, le démantèlement des mécanismes de gestion du marché dans le cadre de la PAC et l'ouverture de nos marchés », a-t-il ajouté. Le COPA-COGECA demande donc « des mesures pour gérer le marché dans le cadre de la PAC ». « La plupart des agriculteurs n'ont pas le poids suffisant ou n'ont pas les moyens pour compenser les développements aléatoires des prix par le biais d'opérations de couverture ». (L.C.)

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