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Bulletin Quotidien Europe N° 10281
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/conseil europÉen

Le mécanisme européen de stabilité ne suffira pas

Bruxelles, 20/12/2010 (Agence Europe) - Les principaux partis politiques européens et groupes politiques du Parlement européen ont commenté les résultats du Conseil européen tenu en fin de semaine dernière (EUROPE n°10280). Ils saluent la création mi-2013 du Mécanisme européen de stabilité (ESM) financière destiné à soutenir la stabilité de la zone euro en cas de crise. L'attitude de certains pays désireux de geler le budget européen est ouvertement critiquée (voir autre nouvelle).

ESM. « Le soutien politique très fort en faveur de l'euro, manifesté par les 27 lors de leur réunion à Bruxelles, est capital pour l'Europe et la mise sur les rails d'un mécanisme d'entraide financière durable est très positive », déclare le président du groupe PPE au Parlement européen Joseph Daul dans un communiqué. Selon l'eurodéputé français, « la révision limitée du Traité doit se faire dans des délais brefs, et sans être l'otage d'autres ambitions politiques parallèles », telles que la future bataille sur le cadre financier pluriannuel après 2014. Le président du parti populaire européen Wilfried Martens a, quant à lui, estimé que la formulation relative à une modification « très limitée » du Traité de Lisbonne, « une mise en œuvre rapide » du mécanisme de stabilité, « une stratégie commune » de renforcement de la gouvernance économique, de responsabilité budgétaire et de stimulation de la croissance économique en Europe contribueront à faire de l'année 2011 l'« année de la stabilité pour l'euro ». Pour le président du groupe libéral au PE Guy Verhofstadt, la création d'une base juridique visant à renforcer la solidarité et la stabilité à long terme au sein des pays de la zone euro constitue certes « une étape pour rassurer les marchés », « mais des mesures additionnelles complémentaires seront nécessaires ». Modifier le traité ne les exemptera pas d'adopter « une approche ferme et globale » devant conduire aux trois réformes suivantes: une sanction automatique des déficits excessifs, la création d'un marché d'euro-obligations et une union plus étroite des politiques économiques et budgétaires. L'ancien Premier ministre belge compte sur le PE pour utiliser le paquet législatif sur la gouvernance économique afin de mettre la question des euro-obligations sur la table. Et d'exhorter la Commission européenne, en tant que gardienne de l'intérêt général européen, à présenter « une stratégie économique globale » face à « l'incapacité » des États membres à le faire.

La gauche européenne critique fortement l'attitude des leaders conservateurs. « Les leaders conservateurs se trompent de manière fondamentale. Une fois encore, ils ont échoué à mettre la crise sous contrôle. La réaction des marchés l'illustre clairement », affirme le président du parti socialiste européen Poul Nyrup Rasmussen, en référence à la forte dégradation de la notation attribuée au « risque pays » pour l'Irlande. L'ancien Premier ministre danois est d'avis que le Conseil européen n'est pas allé assez loin. « Les gouvernements allemand, britannique, néerlandais et suédois ont formé un barrage contre toute avancée sur la question des euro-obligations », a-t-il souligné, en dénonçant une attitude « court-termiste » qui puise dans les intérêts nationaux. Selon lui, cette position revient à dire aux marchés: prenez-nous un par un ! Le groupe Verts/ALE n'est pas non plus convaincu de la réponse à la crise apportée par le Conseil européen. « Le Sommet (de vendredi), sous la pression de la chancelière allemande, n'a pas été en mesure de donner une réponse urgente à la crise de l'eurozone. Au lieu de parvenir à un accord sur des mesures urgentes pour renforcer la solidarité et pour répondre aux risques de contagion au sein de la zone euro, les chefs d'État ont procédé à un changement a minima du Traité », déclarent l'Allemande Rebecca Harms et le Français Daniel Cohn-Bendit, coprésidents du groupe. Selon eux, la création du mécanisme permanent de stabilité financière ne suffira pas à sortir l'UE de la crise: « L'enjeu étant la survie de l'euro, des mesures urgentes sont nécessaires bien avant 2013 afin d'éviter de tomber dans une spirale totalement incontrôlable ». « Il est incompréhensible que Mme Merkel persiste à s'opposer à la nécessité de la mise en place des eurobonds afin de protéger la zone euro et d'augmenter le plafond de la Facilité européenne de stabilité financière », jugent-ils. Au printemps, les pays de la zone euro ont mis sur pied une Facilité financière provisoire capable de lever jusqu'à 440 milliards d'euros sur les marchés afin de venir en aide à un pays en difficulté, comme l'Irlande.

Budget. Le président du groupe PPE a par ailleurs dénoncé l'attitude « populiste » du Premier ministre britannique David Cameron qui, avec d'autres dirigeants européens, veut à terme « un budget européen réduit ». « Mon Europe n'est pas celle de M. Cameron, dépourvue d'ambitions politiques et des moyens adéquats pour les réaliser. Tous les pays qui remettront en cause les investissements de long terme dont l'Europe a besoin pour être compétitive dans la mondialisation trouveront le Groupe PPE, et la majorité du Parlement européen, contre eux », a-t-il insisté.

La Confédération européenne des syndicats a estimé « décevant » le résultat du Conseil européen qui n'a pas entendu le message de la journée d'action européenne contre les mesures d'austérité, « écarte l'idée d'euro-obligations » et approuve des « mesures punitives » contre les pays en difficulté. Selon elle, l'UE a plus besoin de l'état d'esprit ayant conduit au « Plan Marshall » américain en faveur de l'Europe que celui ayant abouti au « Traité de Versailles » de 1919 destiné à punir l'Allemagne après la première Guerre mondiale. (M.B.)

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