Bruxelles, 20/12/2010 (Agence Europe) - La mort subite, samedi soir à Rome, de M. Tommaso Padoa-Schioppa, économiste et européen convaincu, ancien directeur général à la Commission européenne au début des années 80, membre du comité exécutif de la Banque centrale européenne de 1999 à 2005 et ministre de l'Économie en Italie dans le gouvernement Prodi II (2006/'08), a été accueillie avec beaucoup d'émotion à la Commission européenne et dans tous les milieux communautaires. M. Padoa-Schioppa, qui avait 70 ans, est décédé d'une attaque cardiaque avant un dîner qu'il allait offrir dans un palais de Rome, le Palazzo Sacchetti, dans la rue Giulia, à une centaine de ses amis, après une visite spéciale à la Chapelle Sixtine. Une chapelle ardente lui a été aménagée dans l'Espace Europe, au rez-de-chaussée de la Représentation permanente de la Commission européenne et du Parlement européen à Rome.
M. Padoa-Schioppa, qui était actuellement président du think-tank créé par M. Jacques Delors, Notre Europe, et conseiller économique du gouvernement grec, avait commencé sa carrière à la Banque d'Italie, où il avait été vice-directeur général pendant 13 ans, de 1984 à 1999 (pendant cette période, il avait été détaché à la Commission).
Le président de l'Exécutif communautaire, M. José Manuel Durão Barroso, dit, dans un message, avoir appris « avec beaucoup de douleur » la nouvelle du décès de M. Padoa-Schioppa. Et il rappelle « le grand européen » qui vient de disparaître: « Non seulement un des pères de l'euro, dont il avait souhaité la création déjà en 1982, mais aussi l'économiste expérimenté et bien préparé qui contribua d'une façon décisive à la réalisation de la monnaie unique, en tant que membre du comité exécutif de la BCE ». Pour M. Barroso, Tommaso Padoa-Schioppa « a été une figure presque unique de 'grand commis', qui a servi avec intelligence et loyauté tant au niveau national, de la Banque d'Italie au ministère du Trésor, qu'au niveau européen, de la Commission à la BCE ».
En exprimant ses condoléances à la famille de M. Padoa-Schioppa, M. Barroso conclut: « L'Europe va souffrir pour toujours de la perte de sa passion intellectuelle et de sa ténacité, qu'il a continué à exprimer au service de l'idéal européen comme président de Notre Europe et dirigeant du Mouvement européen ».
Le président du Parlement européen M. Jerzy Buzek a lui aussi exprimé sa tristesse et sa douleur dans un message adressé à la famille. M. Buzek rappelle ses rencontres personnelles avec M. Padoa-Schioppa et dit « Nous avons perdu un grand Européen ».
Des témoignages montrant combien M. Padoa-Schioppa était apprécié sont venus de M. Romano Prodi, ancien président de la Commission européenne, à l'époque où M. Padoa-Schioppa était à la BCE, et défenseur convaincu de l'euro, et par nombre de personnalités politiques italiennes et européennes, à commencer par le président de la République M. Giorgio Napolitano. Parmi ceux qui se sont rendus devant son cercueil, l'ancien président de la République et du Conseil des ministres et gouverneur de la Banque d'Italie M. Azeglio Ciampi, et l'actuel gouverneur M. Mario Draghi. Le Parlement italien a observé une minute de silence, à la reprise de ses travaux, lundi 20 décembre. Des messages sont également venus de nombre d'associations, telles que, parmi les autres, le Mouvement fédéraliste européen, le Mouvement européen, l'Istituto Affari Internazionali, la Fondation IFRS. L'Agence Europe, qui l'avait connu et apprécié dans ses différentes fonctions européennes, participe au deuil pour sa disparition. M. Padoa-Schioppa sera inhumé mercredi 22 décembre à Sori, près de Gênes, d'où venait la famille de sa mère (il était né à Belluno, en Vénétie). (Gp)