login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10281
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/prÉsidence hongroise

Priorité à la sortie de la crise

Bruxelles, 20/12/2010 (Agence Europe) - La présidence hongroise de l'UE au premier semestre 2011 sera placée sous le thème de 'L'Europe à visage humain' (Europe with a human touch) mais la « priorité principale » sera tout de même de « faire sortir l'Europe de la crise » monétaire et économique, a annoncé le ministre hongrois des Affaires étrangères, Janos Martonyi, le 20 décembre à Bruxelles où il a présenté le programme de travail de cette première présidence européenne exercée par la Hongrie (membre depuis 2004). « It's the economy, stupid », a paraphrasé devant la presse M. Martonyi qui présidera le Conseil Affaires générales au cours des six prochains mois. « Rien n'est plus important que de calmer les marchés (financiers) et de laisser la crise derrière nous », a-t-il dit.

Le chantier économique de la présidence hongroise est en effet vaste: mise en œuvre de la stratégie EUROPE 2020, organisation du premier 'semestre européen' en vue de renforcer la discipline budgétaire et la gouvernance économique dans les États membres, adoption des propositions législatives de la Commission sur la gouvernance économique (« l'objectif est d'adopter les six propositions de la Commission avant la fin de notre présidence », a dit M. Martonyi), révision limitée du Traité de Lisbonne pour permettre la création d'un mécanisme permanent de stabilité de la zone euro avant mi-2013 quand expirera le mécanisme temporaire. Cette révision du traité, décidée au Conseil européen la semaine dernière (EUROPE n° 10280), devrait être achevée sous présidence hongroise. « Mais l'économie, ce n'est pas seulement des statistiques et des indicateurs chiffrés. Il y a aussi le facteur humain qui est très important » et que la présidence hongroise veut mettre en exergue. Par exemple, en lançant des débats sur le défi démographique de l'Europe (« comment l'UE peut-elle devenir l'économie la plus compétitive du monde alors que sa population diminue », s'est interrogé M. Martonyi), la lutte contre la pauvreté, la cohésion sociale et territoriale (« une dimension indispensable de la stratégie EUROPE 2020 »), l'intégration des Roms ou le rôle des familles (« Pourquoi ne pas envisager une année européenne des familles en 2014 ? »). La politique énergétique sera elle aussi une des priorités économiques de la présidence hongroise. En février, un Conseil européen spécial y sera d'ailleurs consacré.

Budget. Grâce à l'accord de dernière minute conclu entre le Conseil et le Parlement européen, la présidence hongroise évite de justesse la problématique du budget 2011 (même si du travail technique reste à faire, comme l'a remarqué M. Martonyi). En revanche, elle envisage de préparer le terrain pour le débat sur le prochain cadre pluriannuel 2014-2020 pour lequel la Commission annonce des propositions en juin 2011. Le fait que plusieurs pays (Royaume-Uni, France, Allemagne, Pays-Bas, etc.) ont déjà commencé à placer leurs lignes rouges en s'opposant à toute augmentation du budget communautaire d'ici 2020 ne plaît pas du tout à la prochaine présidence. « Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Avant de parler d'argent, ayons une discussion politique, parlons de substance, parlons de ce que nous voulons faire ensemble en matière de cohésion, de recherche et de développement, d'énergie, de politique agricole commune (PAC), etc. Nous devrions discuter de tout cela avant de parler de chiffres », a estimé M. Martonyi. La Hongrie est très attachée à la PAC, a-t-il laissé entendre, rappelant que cette politique ne concerne « pas seulement l'agriculture et la nourriture mais aussi l'environnement et notre manière de vivre ».

Relations extérieures. Sur le plan extérieur, la présidence hongroise envisage de donner un coup de pouce au Partenariat oriental en organisant un sommet fin mai à Budapest auquel devraient participer les chefs d'État et de gouvernement des 27 ainsi que des six pays bénéficiaires (Ukraine, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan, Moldova, Bélarus). En matière d'élargissement, l'objectif principal est de finaliser les négociations d'adhésion avec la Croatie (pays voisin de la Hongrie). Initialement, l'objectif était de signer le traité d'adhésion en juin « mais cela n'est plus possible » en raison du retard qu'ont pris les pourparlers, a estimé M. Martonyi. « Nous essayerons d'accélérer le processus le plus possible », a-t-il dit. Cela vaut aussi pour les négociations d'adhésion avec la Turquie mais le ministre n'a pas précisé quel serait l'objectif en termes d'ouverture ou de fermeture de chapitres. Budapest veut aussi faire adopter par le Conseil européen une « stratégie de la région du Danube » et aboutir « dans les mois à venir » à une décision du Conseil sur l'extension de la zone Schengen à la Bulgarie et la Roumanie.

Assurer la continuité. De manière générale, la présidence hongroise veut avant tout « assurer la continuité » dans l'application du programme de travail du 'trio présidentiel' (Espagne, Belgique, Hongrie) et se mettre au service de l'Europe pour la rendre « plus forte », a dit M. Martonyi. « Nous ne cherchons aucun prestige. Ce qui compte pour nous, c'est la substance, c'est le travail », a-t-il dit. (H.B.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLÉMENT
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE