Le marché du luxe repart en force, dopé par la demande asiatique. - Les grandes valeurs du luxe, réunies dans l'indice Dow Jones du secteur, ont gagné 33% depuis le début de l'année 2010 alors qu'au niveau mondial, les Bourses n'ont progressé que de +9%, soulignent les analystes. Ce secteur reste, malgré la crise, très attractif, disposant d'une bonne visibilité, avec une croissance qui devrait être de +7 à +8% en 2011, notamment grâce à la hausse du niveau de vie des consommateurs des pays émergents. À eux seuls, les touristes chinois assurent 30% des ventes de Burberry à Londres, alors que la clientèle traditionnelle est à nouveau au rendez-vous après un ralentissement de la demande l'an dernier. Le luxe est également l'un des domaines où la force des marques installées freine l'entrée de nouveaux concurrents et permet aux leaders d'augmenter les prix, comme l'ont fait récemment Vuitton et Chanel. Ceci est valable pour les consommateurs « haut de gamme », qui sont nettement mieux disposés à dépenser plus que les consommateurs de « moyenne gamme ». Voici les plus grosses envolées des marques de luxe depuis le 1er janvier 2010: 1) Hugo Boss (+100%) ; 2) Burberry (+68%) ; 3) Hermès (+62%) ; 4) Richemont (+54%) ; 5) LVMH (+48%) ; 6) Estée Lauder (+48%) ; 7) Swatch (+45%). Le marché mondial du luxe s'est remis de la crise et devrait croître de 10% cette année, en particulier grâce à l'Asie, indique de son côté le cabinet de consultance Bain & Company, qui a fortement révisé à la hausse sa précédente estimation d'un taux de croissance de +4%. Après avoir connu un repli de -8% l'an dernier à 153 milliards de dollars, le marché du luxe devrait enregistrer cette année une croissance de +10% à 168 milliards, selon une étude de Bain réalisée en collaboration avec la Fondation Altagamma qui réunit les grands noms du luxe italien. En 2011, le luxe devrait poursuivre sur la voie de la croissance à un taux compris entre +3 et +5%, selon Bain. L'Asie est le moteur de cette croissance: après +10% en 2009, le luxe devrait y croître de 22% cette année. La Chine reste le marché principal de la région avec une croissance de +30% cette année après +20% en 2009. Elle devrait dans les cinq prochaines années dépasser le Japon comme premier marché du luxe au monde. Les États-Unis devraient connaître de leur côté une croissance de +12%, l'Europe de +6% tandis que le Japon devrait accuser un nouveau repli de -8%. Les hausses du yen et du dollar ont également un rôle majeur dans la croissance du marché en valeur. Par produits, les spécialistes des accessoires en cuir seront les principaux bénéficiaires de la reprise avec une croissance de +20% tandis que le secteur des chaussures de luxe devrait croître de +16%, le secteur des montres et bijoux de luxe de +13%, l'habillement de +8% et les parfums et cosmétiques de luxe de +4%. Sous l'effet de cette reprise plus vigoureuse que prévu, les entreprises du luxe ont annoncé récemment une forte hausse de leurs résultats. Le numéro un mondial, le Français LVMH, a enregistré une hausse de +23,6% de son chiffre d'affaires au troisième trimestre tandis que l'Italien Prada - qui pense à s'introduire en Bourse à Hong Kong, signe que l'Asie est devenue incontournable pour le secteur - a connu une envolée de ses ventes de +29,4% au premier semestre. Selon Bain, l'un des défis du secteur pour les prochaines années sera justement de tirer profit de «l''énorme potentiel» de la Chine avec la «bonne stratégie» et des «collections dédiées». (I.L.)