Bruxelles, 18/11/2010 (Agence Europe) - « Je me suis permis de dire, ce mercredi, à Herman Van Rompuy, que ce qui est dit dans mon rapport sur le rapport de la Task force sur la gouvernance, est vrai seulement en partie »: a déclaré Mario Monti (Université Bocconi, Milan) en enchaînant: lorsqu'on dit que c'est une tâche de la gouvernance économique de prendre en charge le pilier économique de l'Union européenne, ce n'est pas vrai ! ».
S'exprimant devant l'assemblée générale extraordinaire de l'association Confrontations Europe, jeudi
18 novembre à Bruxelles intitulée « Vers un pacte pour le grand marché européen », l'ancien commissaire à la Concurrence a précisé sa pensée. Le pilier économique de l'UEM est composé de deux choses: (1) une structure: elle est l'Union économique et elle est, dans une très vaste mesure, le marché unique qui constitue l'Union économique. Ici le travail de la Task force n'est pas bon ; (2) une gouvernance des politiques non monétaires. Dans ce cas-ci, la Task force est en train d'accomplir un travail excellent. « On voit donc qu'il y a un vide dans le chantier le plus à la mode du moment, un vide grave, logique, politique, pratique », a noté Mario Monti en précisant qu' « il y avait une offre pour remplir ce vide pour la filière du travail pour le marché unique. Une filière qui pour l'instant n'a pas été reprise à son niveau maximal, ce qui fait que le vide subsiste », a-t-il constaté, ajoutant: « Il y a erreur d'interprétation entre la demande et l'offre ! ».
À propos de l'importance de la mise en œuvre du marché unique - également soulignée par Lord Leon Brittan (Trade Advisor du premier ministre britannique), qui a insisté sur la dimension sociale du Marché unique et sur le rôle des PME en tant que moteurs de l'économie -, Mario Monti a fait part de deux idées inscrites dans son rapport: (1) celle de mettre des benchmarks sur la durée des procédures, (2) l'autre, « plus ambitieuse », qui consiste à voir comment on pourrait aligner l'efficacité et la rapidité des procédures de mise en œuvre dans le domaine du marché unique. « Dans le marché intérieur, il faut des années pour éliminer toute atteinte à la législation européenne. Il s'agit d'une procédure à trois étapes: mise en demeure, avis motivé de la Commission, saisine de la Cour de justice et puis décision de cette dernière. Ce qui prend des années ! Ce n'est pas sérieux ! ». Par ailleurs, à l'heure où l'on parle de rouvrir le Traité, ne serait-il pas plus important d'y mettre quelque chose qui permettrait aux entreprises de prendre plus au sérieux le marché unique, véritable pilier économique de l'UEM ?, a conclu Mario Monti. (G. B.)