Bruxelles, 18/11/2010 (Agence Europe) - Le gouverneur de la Banque centrale irlandaise Patrick Honohan a déclaré, jeudi 18 novembre à la radio RTE, s'attendre à ce que les autorités irlandaises négocient un prêt « substantiel » qui pourrait s'élever à « plusieurs dizaines de milliards d'euros ». Devant être remboursé, ce prêt pourrait être effectué sur la base d'un taux d'intérêt proche de 5%. « C'est ce à quoi je m'attends. C'est la raison pour laquelle des équipes techniques étoffées se rencontrent pour discuter de ces sujets », a-t-il indiqué, en reconnaissant que « les conditions de marché ne permettaient plus à l'Irlande d'aller seule de l'avant sans chercher l'aide de nos partenaires internationaux ». Des émissaires de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international sont à Dublin depuis mercredi pour évaluer les besoins de l'Irlande afin que cet État membre puisse faire face à ses difficultés budgétaires exacerbées par le coût de la restructuration de son secteur bancaire (EUROPE n°10257).
Devant le parlement national, le ministre irlandais des Finances Brian Lenihan a estimé que les discussions en cours n'en étaient pas à un stade aussi avancé. Selon lui, « l'objectif des discussions lancées à Dublin aujourd'hui est d'évaluer comment il peut être possible de bâtir sur les interventions significatives déjà prises par les autorités irlandaises… afin de garantir une solution durable et permanente aux problèmes (du) secteur bancaire ». Le premier ministre Brian Cowen a, quant à lui, estimé nécessaire d'avoir une vision « claire et partagée » des faits. « Après et, seulement après, le gouvernement peut décider quelle sera la meilleure façon de procéder », a-t-il ajouté.
Mercredi, le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso n'avait pas dit autre chose: « Analysons la situation avant de tirer des conclusions hâtives ». Et d'assurer, contrairement à ce que nous avions annoncé dans notre édition d'hier: « Je veux être absolument clair: nous ne mettons pas de pression sur l'Irlande en vue d'un recours au mécanisme d'assistance financière ». Tout en ajoutant que ce mécanisme était « disponible et prêt à l'emploi en cas de demande ». (M.B.)