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Bulletin Quotidien Europe N° 10252
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/conseil jai

Albanie et Bosnie, suppression des visas conditionnée

Bruxelles, 08/11/2010 (Agence Europe) - Les ministres de l'Intérieur de l'UE ont décidé lundi 8 novembre de supprimer pour la mi-décembre les visas pour les citoyens de l'Albanie et de la Bosnie-Herzégovine se rendant dans l'espace Schengen, mais ont laissé la porte ouverte à un rétablissement des visas pour tous les pays des Balkans en cas d'abus. « La grande nouvelle est que les États membres ont voté à l'unanimité pour introduire la libéralisation des visas en faveur de l'Albanie et de la Bosnie-Herzégovine », a déclaré Melchior Wathelet, le secrétaire d'État belge à l'Immigration et l'Asile, après une réunion avec ses homologues à Bruxelles. « La suppression des visas doit s'accompagner de plus grandes responsabilités et elle n'équivaut pas à un droit de travailler dans l'Union ni à un droit de demander l'asile », a-t-il mis en garde, précisant que l'Union se laissait la « possibilité de suspendre » la libéralisation des visas « en cas de problèmes ».

Fin programmée des visas. Avant Noël, tous les ressortissants albanais et bosniaques titulaires de passeports biométriques ne devront plus être munis de visas pour se rendre dans l'espace Schengen. En effet, la décision prise lundi par les ministres doit s'appliquer dès la mi-décembre. La commissaire européenne aux Affaires intérieures Cecilia Malmström a qualifié cette décision d' « historique » pour les deux pays. « Cette décision va faciliter les contacts de personne à personne, accroître les opportunités de commercer et donner la possibilité aux gens de cette région de connaître mieux l'UE », s'est-elle félicitée. Fin 2009, l'UE avait déjà supprimé les visas pour les citoyens de l'ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), du Monténégro et de la Serbie. Les pays concernés devaient satisfaire à certains critères de référence afin de bénéficier de l'accès à l'espace Schengen sans obligation de visa, par exemple en matière de contrôles aux frontières, de sécurité des passeports, de lutte contre la criminalité organisée et la corruption.

Les Balkans restent sous surveillance. Plusieurs pays ont observé une croissance inquiétante du nombre de demandeurs d'asile provenant de Serbie et de Macédoine au cours des derniers mois. Craignant une nouvelle augmentation des demandeurs d'asile en provenance des pays des Balkans, les Pays-Bas, la France et l'Allemagne ont pressé la Commission de créer un mécanisme de suivi pour surveiller le respect des engagements pris par l'Albanie et la Bosnie-Herzégovine, mais aussi par les autres États bénéficiant de la suppression des visas dans les Balkans occidentaux. « Le régime sans visa s'accompagne aussi de responsabilités pour les gouvernements et les citoyens bénéficiant de cette liberté », a mis en garde Mme Malmström. « Le mécanisme de suivi ne s'adresse pas seulement à l'Albanie et à la Bosnie-Herzégovine mais à tous les pays des Balkans occidentaux », a-t-elle rappelé. Une déclaration de la Commission annexée à l'accord de levée des visas pour l'Albanie et la Bosnie-Herzégovine précise que « la Commission intensifie ses efforts pour la mise en place d'un mécanisme de suivi qui portera notamment sur la gestion des frontières, la sécurité des documents, la lutte contre la criminalité organisée et la corruption, la mise en œuvre effective des accords de réadmission et la gestion des flux migratoires » avec les pays des Balkans occidentaux. « Au cas où un ou plusieurs États membres se trouvent dans une situation d'urgence caractérisée par un afflux soudain de ressortissants d'un ou plusieurs pays tiers, y compris des Balkans occidentaux, la Commission peut proposer au Conseil d'adopter des mesures provisoires au profit du ou des États concernés conformément à l'article 78 du Traité sur le fonctionnement de l'UE et une rapide suspension de la libéralisation des visas », conclu le document. M. Wathelet et Mme Malmström, qui se rendront le 12 novembre en Albanie et en Bosnie-Herzégovine, ont enfin souligné qu'il incombait à ces pays d'intensifier leurs campagnes d'information pour expliquer à leurs citoyens de ne pas outrepasser leur nouveau privilège de se rendre librement dans d'autres pays et de ne pas en profiter pour faire une demande d'asile, laquelle n'est généralement pas recevable car introduite pour des raisons purement économiques. (B.C.)

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