*** BARRY J. HAKE, FRANCOISE F. LAOT (sous la dir. de): The Social Question and Adult Education - La question sociale et l'éducation des adultes. European Perspectives in the 19th an 20th Centuries - Perspectives européennes XIXe - XXe siècles. Peter Lang (1 Moosstrasse, CH-2542 Pieterlen, Suisse. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). Collection « European Studies in Lifelong Learning and Adult Learning Research », n° 4. 2009, 208 p., 39,70 €. ISBN 978-3-631-57632-8.
La « Question sociale » est un concept qui n'a plus cours de nos jours, en nos contrées du moins. Il renvoie à un temps détestable où beaucoup d'êtres humains vivaient dans la misère la plus noire, inimaginable désormais. C'était un temps où Blanqui décrivait ainsi, en 1849, les caves de Lille où croupissaient plus de quelque trois mille ménages d'ouvriers: « Les fenêtres des habitations et les portes des caves s'ouvrent sur des passages infects, au fond desquels une grille repose horizontalement sur des puisards qui servent de latrines publiques le jour et la nuit. À mesure que l'on pénètre dans l'enceinte des courettes, une population étrange d'enfants étiolés, bossus, contrefaits, d'un aspect pâle et terreux, se presse autour des visiteurs, et leur demande l'aumône. La plupart de ces infortunés sont presque nus, et les mieux protégés sont couverts de haillons. Mais ceux-là, du moins, respirent à l'air libre ; et c'est seulement au fond des caves que l'on peut juger du supplice de ceux que leur âge ou la rigueur de la saison ne permet pas de faire sortir. Le plus souvent, ils couchent tous sur la terre nue, sur des débris de paille de colza, sur des fanes de pommes de terre desséchées, sur du sable (…) ».
C'est sur ce... terreau que, à partir de la Révolution française et de la montée en puissance de la question de la « citoyenneté » dans une Europe s'ouvrant au processus d'industrialisation, ont progressivement vu le jour différentes actions d'éducation du « peuple » ou des classes « laborieuses ». En réalité, ainsi que le rappellent les coordinateurs de cet ouvrage dans leur avant-propos, ces actions ont très vite opposé, et de manière croissante, « des initiatives philanthropiques ou religieuses de bourgeois ou de clercs issus de classes intermédiaires, qui visaient à organiser l'éducation pour les classes populaires, et celles de travailleurs et de femmes, s'organisant progressivement pour affirmer le droit des classes populaires d'organiser, de manière indépendante, leur propre éducation ». De la sorte, l'éducation sociale et du citoyen devint - et resta jusque tard dans les années 1900 - un thème d'affrontement entre différentes conceptions sur les moyens d'amener les adultes à comprendre les changements apportés par l'industrialisation du monde qui les entourait afin qu'ils y prennent leur place et puissent, le cas échéant, y agir. Il va de soi que, puisque ces conceptions étaient portées par des idéologies concurrentes, des mouvements conservateurs aux groupes anarchistes, la place à octroyer à l'adulte n'était pas équivalente selon les vues des uns et des autres. En tout cas, c'est alors que s'est ouverte « une importante période de développement de mouvements d'éducation d'adultes à dimension européenne », ainsi qu'en témoigne cet ouvrage qui prolonge un séminaire universitaire consacré à la Sorbonne, en juin 2006, aux « influences interculturelles dans l'histoire de l'éducation des adultes en Europe ». Cette manifestation a réuni des chercheurs de huit pays d'Europe, de l'Allemagne à la Suède en passant par l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas et la Pologne.
Les exemples nationaux étudiés dans les contributions réunies dans cet ouvrage sont-ils encore d'un quelconque intérêt pratique alors que l'Union n'a plus rien à voir avec les pays d'Europe d'aujourd'hui ? Certains pourraient en douter. Ce n'est pas le cas des auteurs, Barry J. Hake et Françoise F. Laot expliquant ainsi que l'identité associative et les pratiques d'éducation des adultes basées sur l'idée d'apprendre ensemble de manière solidaire mériteraient d'être davantage explorées « pour éclairer les fondements de l'idée de rapprocher l'éducation et la formation du niveau local souvent avancée dans les documents actuels de l'Union européenne et la longue histoire de l'éducation et la formation tout au long de la vie, partout en Europe ». Sans compter que d'autres idéologies sont peut-être à l'œuvre désormais, ce que Gilles Pinte (Université Bretagne Sud) avance lorsqu'il demande: « Ne réduit-on pas la formation et l'éducation à ses finalités professionnelles aux dépens des préoccupations individuelles et collectives des individus ? » Tout comme hier, certains préfèrent sans doute voir éclore « un sujet adapté » plutôt qu'un « acteur de changement ». En ce début de XXIe siècle, alors que les éléments du compromis socio-économique de l'après-guerre sont remis en cause, l'impératif économique peut-il réellement rester triomphant et sans contestation permise ? À voir…
Pierre Bouvier
*** MIRJA-TYTTI TALIB, JYRKI LOIMA, HEINI PAAVOLA, SANNA PATRIKAINEN (sous la dir. de): Dialogs on Diversity and Global Education. Éditions Peter Lang (voir coordonnées supra). 2009, 205 p., 27,90 €. ISBN 978-3-631-58806-2.
Cet ouvrage s'intéresse à la manière dont les thèmes de la culture, de l'ethnicité et de la diversité sont appréhendés dans divers systèmes éducatifs de par le monde. Avec l'accélération sans cesse croissante de la vitesse des échanges d'informations et le rapprochement physique des êtres humains à travers des moyens de transport toujours plus performants, des concepts comme le multiculturalisme ou l'inter- culturalisme touchent de plus en plus les salles de classe, où que celles-ci se trouvent sur la surface du globe. Or, l'interprétation de ces questions sera toujours fort dépendante de la culture d'origine de l'interprète. Les auteurs de cet ouvrage, tous spécialistes universitaires de l'éducation multiculturelle, proposent plusieurs essais dans lesquels ces thèmes sont traités de divers points de vue. Ils analysent d'abord ce que ces concepts représentent en Europe du nord, en Amérique du nord et en Asie, présentant ensuite quelques expériences éducatives sur ces sujets dans des écoles de ces trois régions. D'autres contributions soulignent également le rôle central des professeurs pour que la multiculturalité soit bien vécue par tous les étudiants, étant donné que ce sont ceux-ci qui, à travers la gestion des différences dans leurs classes, détermineront l'acceptation ou le refus de ces concepts par la société.
(NDu)
*** MATTHIAS BÜRGEL, ANDREAS UMLAND (sous la dir. de): Geistes- und sozialwissenschaftliche Hochschullehre in Osteuropa IV. Chancen und Hindernisse internationaler Bildungskooperation. Éditions Peter Lang (voir coordonnées supra). 2009, 307 p., 46,50 €. ISBN 978-3-631-57136-1.
Les hautes écoles et universités d'Europe furent des décennies durant interdites de toute collaboration suite aux différences politiques et idéologiques entre l'Est et l'Ouest. Après la chute des régimes communistes en Europe de l'Est, les réformes du système éducationnel ont débuté, ce qui a notamment entraîné les premiers échanges académiques transeuropéens. Après plus de vingt ans d'échanges, les auteurs de cet ouvrage tentent de tirer les leçons et de discerner les avancées réalisées grâce à cette ouverture. De plus, les différents auteurs commentent le rôle joué par certains éléments fondamentaux tels que les stéréotypes ou la structure des hautes écoles d'Europe de l'Est. Le livre est divisé en quatre grands chapitres comportant chacun trois à quatre articles. Ces chapitres ont respectivement pour thèmes le paysage éducationnel interne et l'offre extérieure, la Russie comme partie intégrante de l'espace éducationnel européen, les potentialités de coopération et les rencontres interculturelles.
(JD)
*** LISA K. CHILDRESS: The Twenty-First Century University. Developing Faculty Engagement in Internationalization. Éditions Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Complicated Conversation », n° 32. 2010, 174 p., 21,20 €. ISBN 978-1-4331-0659-0.
Au cours des dernières décennies, plusieurs recteurs et autres présidents d'universités ont exprimé l'intention d'internationaliser l'institution dont ils avaient la charge afin de préparer les étudiants au monde global du 21ème siècle. Il semblerait cependant, selon plusieurs études, que ces appels à l'internationalisation en soient restés au stade des bonnes intentions et qu'ils n'aient jamais dépassé le domaine de la rhétorique. Le but de ce livre, que l'on doit à une consultante en internationalisation ayant été active dans plusieurs universités aux États-Unis et au Japon, est de mettre en lumière les barrières qui rendent difficile la transposition de la rhétorique à la réalité. Pour ce faire, Lisa Childress examine les institutions académiques - deux universités aux États-Unis, la Duke University et la Richmond University - ayant réussi à mettre concrètement en place ce processus d'internationalisation, de manière à en retirer des leçons susceptibles d'être appliquées dans d'autres cas de figure.
(NDu)
*** Étudier ou enseigner à l'étranger 2011 - 2012. Wallonie-Bruxelles International (2 place Sainctelette, B-1080 Bruxelles. Tél.: (32-2) 4218211 - fax: 4218787 - Courriel: wbi@wbi.be - Internet: http://www.wbi.be ). 2009, 178 p.. Cette brochure publiée par un département de la Communauté française Wallonie-Bruxelles est de nature à donner des idées à tous les jeunes d'Europe tentés par la mobilité. Ce guide est consultable à loisir sur Internet (http://www.wbi.be/etudierouenseigner ).
(PBo)
*** CHRISTINE SCHEUNERT: Europäischer Jugendschutz für das Fernsehen. Éditions Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Studien zum deutschen und europäischen Medienrecht », n° 38. 2009, 405 p., 63,40 €. ISBN 978-3-631-586230-5.
Les nouvelles technologies ainsi que la création du marché commun en Europe ont eu pour conséquence d'entraîner une offre télévisuelle croissante pour les citoyens européens, les plus jeunes n'étant pas les derniers à en profiter. Les États membres de l'Union ont tous mis en place une législation visant à protéger les plus jeunes générations des dérives que cette offre grandissante pourrait entraîner. Le Traité européen, dans ses articles 55 et 47, ainsi que la Directive 89/522/CEE sur les activités télévisuelles contiennent certains éléments demandant à l'Union et à ses membres de mettre en place une législation ayant cet objectif. L'ouvrage contient tout d'abord une analyse du droit européen des médias (première partie) et de la transposition de la Directive 89/522/CEE dans les droits nationaux (seconde partie). L'élément le plus innovant du livre réside dans sa troisième et dernière partie qui voit l'auteur analyser les déficiences du système actuel de protection des jeunes face aux dérives des programmes télévisuels. En outre, cette dernière partie contient certaines propositions en vue d'améliorer la législation actuelle.
(JD)
*** RICHARD HELWIG: Die Kompetenz der Europäischen Gemeinschaft zur Schaffung eines europäischen Medienkonzentrationsrechts. Peter Lang (voir coordonnées supra).Collection « Schriften zum Medien-,Urheber- und Wirtschaftsrecht », n° 6. 2009, 300 p., 55,90 €. ISBN 978-3-631-59720-0.
La liberté d'expression est à la base de toute démocratie. Le droit de la concurrence dans le milieu de la presse est donc primordial afin de ne pas empêcher différents avis de pouvoir être exprimés. Dans le processus européen, la politique de concurrence revêt une importance fondamentale afin de parvenir au marché européen libéré d'entraves ; elle est, dès lors, l'une des plus abouties. Ce droit à la liberté d'expression - que garantit notamment un droit de la concurrence efficace - ainsi que les avancées enregistrées sur ce plan au niveau européen ces vingt dernières années sont, dès lors, deux domaines inextricablement liés et qui conditionnent largement l'état de la démocratie au niveau européen et dans les États membres, tant il est vrai que le droit européen prime sur les droits nationaux.
Dans ce livre, Richard Helwig s'interroge sur les effets de cette harmonisation européenne, en particulier en ce qui concerne les positions monopolistiques dans le milieu des médias, avec ses retombées particulières en Allemagne. La question principale abordée dans l'ouvrage porte sur l'efficacité de la législation européenne pour ce qui est de garantir une véritable diversité des opinions dans le monde de la presse. L'auteur envisage aussi la question à la lumière des innovations apportées par le Traité de Lisbonne.
L'ouvrage est divisé en cinq chapitres. Le premier se veut une introduction au sujet d'étude, l'auteur y expliquant les objectifs du droit de la concurrence dans le domaine des médias, sa portée ainsi que son assise économique. Le deuxième chapitre se concentre sur le droit de la concurrence relatif aux médias en Allemagne fédérale, l'auteur y abordant la question de savoir si les entreprises de presse nationales peuvent être régies par un droit international. Les trois chapitres suivants portent sur le droit européen de la concurrence relatif au domaine de la presse. Le premier constitue une introduction au droit européen dans ce domaine, tandis que le suivant présente une analyse juridique des compétences de l'Union dans le droit de la concurrence et son application dans les États membres. Le cinquième et dernier chapitre porte enfin sur les changements apportés par le Traité de Lisbonne dans ce domaine.
(JD)
*** DIMITRI DROSHOUT (sous la dir. de): Cases, Materials and Text on Consumer Law. Hart Publishing (16C Worcester Place, Oxford, OX1 2JW, UK. Tél.: (44-1865) 517530 - fax: 510710 - Courriel: mail@hartpub.co.uk - Internet: http://www.hartpub.co.uk ). Collection « Ius Commune Casebooks for the Common Law of Europe», 2010, 597 p.. ISBN 978-184113-749-0.
Ce livre, que l'on doit à différents spécialistes du domaine juridique qui, pour la plupart, évoluent à l'Université de Louvain, consiste en un recueil de jugements et de cas juridiques dans le domaine du droit de la consommation. Ayant pour objet de mettre en lumière des origines communes dans les systèmes juridiques des États membres, les cas présentés couvrent majoritairement le domaine privé, notamment celui de la protection du consommateur, mais ils peuvent également aborder d'autres domaines comme la mise en application des lois. Étant donné l'importance des harmonisations par le biais des directives et autres règlements, l'ouvrage contient beaucoup de matériel dérivé du droit communautaire, tels que des jugements de la Cour de justice. Ses auteurs s'emploient à examiner comment, lorsque cette dernière interprète des directives de la Commission, elle se réfère à des concepts existants dans les systèmes juridiques des États membres et la manière dont les tribunaux incorporent les concepts de ces directives dans les systèmes nationaux.
(NDu)