Bruxelles, 08/11/2010 (Agence Europe) - La commissaire européenne aux Affaires intérieures Cecilia Malmström a présenté lundi 8 novembre plusieurs propositions destinées à vaincre les résistances des États membres concernant la mise en place du futur régime d'asile européen commun qui doit voir le jour en 2012. La commissaire veut proposer en février 2011 « une approche modifiée » sur la directive relative aux normes minimales pour l'accueil des demandeurs d'asile (directive « Accueil ») et sur celle relative aux procédures d'octroi et de retrait du statut de réfugiés (« Procédures »), lesquelles sont toujours bloquées à la table de négociation du Conseil. « Ces propositions amendées seront détaillées, moins difficiles à appliquer et tiendront compte en partie des coûts (…) Mais seront difficiles à accepter par le parlement », a déclaré Mme Malmström, lors d'un débat avec les ministres. La commissaire a aussi indiqué que face à l'unanimité des États membres, elle était disposée à envisager la possibilité pour la police d'avoir accès à Eurodac, la base de données européenne de comparaison des empreintes digitales des demandeurs d'asile et migrants irréguliers.
Lors du débat, l'Allemagne et la France se sont une nouvelle fois opposées à l'instauration d'un mécanisme dérogatoire au règlement de Dublin, qui permettrait de suspendre temporairement le renvoi de demandeurs d'asile dans le premier pays d'accueil au cas où ce pays est confronté à un afflux massif et soudain de migrants. « Ceux qui sont face à des charges particulières doivent faire des efforts particuliers », a déclaré le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maiziere. Une suspension « pas souhaitable », selon le ministre de l'Immigration Eric Besson. Et la délégation britannique d'enfoncer le clou: « Dublin doit être soutenu, pas suspendu ». Les pays du Sud, la Grèce en tête, disent avoir atteint « leurs limites » concernant l'accueil des demandeurs d'asile. Pour trouver une solution, la commissaire Malmström s'est dite prête à instaurer à partir de 2012 « non pas un mécanisme de suspension », mais « un mécanisme d'urgence » commun d'une durée limitée à « six mois » et qui devrait être utilisé pour des « situations exceptionnelles », après décision du Conseil (en comitologie). « Ce système ne pourrait s'appliquer qu'aux pays qui respectent l'acquis communautaire, et donc pas à la Grèce », a-t-elle précisé. (B.C.)