Bruxelles, 08/11/2010 (Agence Europe) - Selon une étude commanditée par les ONG environnementales Greenpeace, ActionAid, Birdlife International, ClientEarth, European Environment, FERN, Amis de la Terre Europe, Transport & Environnement et Wetlands International, l'objectif contraignant à l'horizon 2020 dans chaque État membre de 10% de biocarburants dans la consommation totale de carburants dans les transports pourrait nécessiter la conversion d'une surface de 69 000 km2 de terres supplémentaires à travers la planète et donc accélérer son réchauffement. « Une surface deux fois supérieure à celle de la Belgique devra être convertie en plantations pour atteindre les objectifs des pays européens en termes d'énergies renouvelables en 2020, ce qui mettra en danger les communautés les plus pauvres », soutient le document, qui analyse les plans d'action nationaux sur les énergies renouvelables remis à ce stade à la Commission européenne par 23 des 27 États membres de l'UE. L'étude souligne en outre qu'avec le changement d'affectation des sols, la production de carburants verts sera responsable de 27 à 56 millions de tonnes de gaz à effet de serre en plus par an, soit l'équivalent de 12 à 26 millions de véhicules sur les routes européennes d'ici 2020. Les cinq plus grands États membres (Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Espagne) seront responsables de 75% de ce supplément d'émissions. De son côté, la Commission, qui doit publier d'ici la fin de l'année un rapport sur l'utilisation des biocarburants, en minimise toujours l'impact. « L'objectif de 10% de biocarburants va nécessiter entre 2 et 5 millions d'hectares de terres, et l'UE a largement les capacités de couvrir ses besoins grâce à des terres qui ne sont plus arables », affirment les services du commissaire à l'Énergie Günther Oettinger. (E.H.)