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Bulletin Quotidien Europe N° 10252
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/russie

Moscou cherche à faciliter sa participation aux missions PESD

Bruxelles, 08/11/2010 (Agence Europe) - Moscou souhaite conclure avec l'UE un accord-cadre de coopération en matière de gestion des crises afin d'éviter que des « procédures bureaucratiques » ne continuent à compliquer la participation russe dans des opérations et missions PESD comme ce fut le cas, par exemple, au Tchad, affirme l'ambassadeur de Russie auprès de l'UE, Vladimir Chizov. Un « projet d'accord » a été remis à l'UE par le président Dmitri Medvedev lors du sommet UE/Russie à Rostov en juin dernier, a dit M. Chizov dans un entretien avec EUROPE le 5 novembre. Le sujet devrait aussi être discuté au prochain sommet qui aura lieu le 7 décembre à Bruxelles.

L'idée est de faciliter la participation russe aux missions PESD en mettant en place un cadre juridique suffisamment « flexible » pour permettre à la Russie de se joindre aux futures missions PESD - qu'elles soient militaires, civiles ou mixtes - sans chaque fois devoir négocier un accord ad hoc sur les règles et procédures de participation. La participation russe à l'opération EUFOR au Tchad a été un succès en termes de coopération sur place mais la procédure administrative très lourde à suivre était contre-productive, estime l'ambassadeur russe. « Pour des raisons bureaucratiques, je n'ai pu signer l'accord de coopération avec Javier Solana que quand la mission était déjà arrivée à mi-terme. L'accord n'a été ratifié par le parlement russe que quand la mission était déjà terminée. Nous voulons éviter cela à l'avenir », explique-t-il..

Comité politique et de sécurité euro-russe. M. Chizov est aussi optimiste quant à la capacité de l'UE et de la Russie d'intensifier leur coopération en matière de politique étrangère, de sécurité et de défense à travers la mise sur pied d'un 'comité politique et de sécurité euro-russe' (EU-Russia Political and Security Policy Committee) qui réunirait les ministres des Affaires étrangères des 28 pays ainsi que Catherine Ashton. L'idée de créer ce nouvel organe conjoint, lancée par le président russe Dmitri Medvedev et la chancelière allemande Angela Merkel, a déjà été discutée dans les instances de l'UE « et personne n'a dit 'non' », affirme M. Chizov. Pour l'ambassadeur russe, ce futur nouvel organe devra aussi prendre des décisions communes. « Si nous (UE et Russie) voulons agir ensemble (dans le domaine de la PESC), alors nous devons formuler des décisions communes et les moyens de les mettre en œuvre », souligne-t-il. Les sujets pour de telles décisions communes ne manquent pas, selon M. Chizov. Ils vont du processus de paix au Moyen-Orient jusqu'au problème nucléaire iranien en passant par la Transnistrie.

Partenariat pour la modernisation. Cette nouvelle initiative destinée à mettre en œuvre des projets communs, qui ont pour objectif de « moderniser nos économies et nos sociétés » (dixit la déclaration finale du sommet), a été lancée au sommet de Rostov en juin dernier (EUROPE n° 10150). Des experts des deux parties, qui se réunissent cette semaine encore à Bruxelles, sont en train de finaliser le 'plan d'action' qui devrait être approuvé au sommet le 7 décembre, explique M. Chizov.

Négociations sur un nouvel accord de partenariat renforcé. Les négociations sur ce nouvel accord, qui doit remplacer l'actuel accord de partenariat et de coopération datant de 1997, se poursuivent cette semaine (12 novembre). « Nous avons fait de bons progrès » mais plusieurs obstacles subsistent qui rendent impossible tout pronostic sur la fin des négociations, affirme M. Chizov. À commencer par le chapitre commercial qui ne peut être bouclé tant que la situation de la Russie quant à son adhésion à l'OMC n'est pas claire (cette adhésion est elle-même compliquée par l'Union douanière conclue entre la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan, Ndlr). Les deux négociations se poursuivent donc en parallèle, ce qui ne facilite pas les choses, explique l'ambassadeur qui espère que l'entrée de son pays à l'OMC est une affaire « de mois plutôt que d'années ». Le chapitre énergétique n'est pas achevé non plus. L'UE a toujours insisté pour que les principes de base de la Charte de l'énergie (que la Russie n'a pas ratifiée) soient incorporés dans le nouvel accord, ce que Moscou refusait. Selon M. Chizov, Européens et Russes se sont maintenant mis d'accord sur un compromis. « La solution réside dans la modernisation de la Charte de l'énergie elle-même (…) Nous sommes d'accord que pour être pertinente, la Charte de l'énergie doit se moderniser. L'UE est d'accord avec cela », affirme-t-il.

Droits de l'Homme, libertés fondamentales. M. Chizov reconnaît que la situation en Russie n'est pas parfaite mais estime que son pays n'a pas pour autant de leçons à recevoir de l'UE. Qui se dit régulièrement préoccupée, notamment sur l'état de la liberté de la presse. « D'accord, personne n'est parfait. Je ne dirai jamais que toutes les lois et pratiques de la Russie sont parfaites. Mais alors je ne m'attends pas non plus à ce que d'autres - l'UE, les États-Unis ou d'autres - disent qu'ils sont parfaits », déclare l'ambassadeur. Moscou est prête à parler de toutes ces questions dans le cadre du dialogue régulier sur les droits de l'Homme « mais elle a aussi des questions à poser » à l'UE. Par exemple sur les « glorifications du nazisme » en Lettonie et Estonie ou sur le traitement des Roms en Europe. « Nous avons aussi nos Roms mais ils ne se plaignent pas, ils font partie de la société russe », dit M. Chizov. (H.B.)

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