Bruxelles, 08/11/2010 (Agence Europe) - 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 pour aider les pays pauvres à lutter contre le changement climatique, c'est possible en combinant nouvelles sources de financement publiques et privées. Le rapport publié vendredi 5 novembre par le groupe consultatif de haut niveau de l'ONU sur le financement de cette lutte contre le réchauffement en fait la démonstration. Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Action pour le climat et certaines ONG de l'environnement s'en réjouissent comme d'une excellente nouvelle, à une réserve près pour Friends of the Earth International (FoEI), méfiante à l'égard de l'expansion des marchés du carbone.
« Ce rapport confirme que combiner fonds publics et privés est crucial pour atteindre l'objectif de l'accord de Copenhague. Comme le rapport le souligne, le potentiel pour des sources de financement nouvelles et innovantes dépend cruellement de l'avenir du prix futur de la tonne de carbone et de la proportion de permis d'émissions qui sera mise aux enchères », déclare Mme Hedegaard. Au nom de la Commission, elle réitère à cet égard que « la moitié au moins des recettes des enchères dans l'UE devrait être utilisée pour financer l'action climatique, y compris dans les pays en développement ». Plus encore que prouver que 100 milliards de dollars par an à l'horizon 2020, c'est faisable, le rapport montre que « ne pas investir cet argent reviendra plus cher », souligne la commissaire.
Pour Greenpeace, le rapport démontre clairement qu'il est « à la fois techniquement faisable et politiquement possible pour les gouvernements de lever des volumes substantiels de fonds publics pour l'action climatique à partir de nouveaux mécanismes comme la fixation d'un prix pour les émissions de l'aviation et du transport maritime internationaux » , ou encore en éliminant les subventions aux combustibles fossiles pour affecter ces sommes à la lutte contre le réchauffement. Cela, sans que les gouvernements aient à « piocher » dans leur programme d'aide au développement. « Les pays développés n'ont plus d'excuse pour ne pas tenir leurs promesses. Il est temps que les gouvernements présentent un programme de travail clair et un calendrier pour mettre en œuvre une série de sources de financement qui puissent couvrir les besoins à long terme », estime Steve Herz de Greenpeace International.
Friends of the Earth International (FoEI), pour sa part, déplore que le rapport réduise le rôle que les financements publics « peuvent et doivent jouer » dans l'aide à fournir aux pays en développement, au profit d'une « croyance aveugle en la capacité du prix du carbone, hautement volatile et non fiable, à émettre des signaux capables d'induire des investissements à long terme dans la production d'énergie à faible teneur en carbone ». Les pays développés feraient mieux de concrétiser l'engagement qu'ils ont pris de verser 30 milliards de dollars rapidement (2010-2012) pour permettre aux pays en développement d'adapter leur production agricole et leurs systèmes de gestion de l'eau aux ravages imminents du changement climatique, fait valoir FoEI. (A.N.)