Bruxelles, 10/06/2009 (Agence Europe) - 4,4 sur 10. C'est la note délivrée par une coalition des dix plus grandes ONG européennes de l'environnement ( les « Green 10 ») à la Commission Barroso pour ses performances en matière d'environnement. Cette appréciation générale du bilan vert de la Commission actuelle, objet d'un rapport publié mercredi 10 juin au lendemain d'élections européennes marquées par la progression du vote écologiste, a été portée sur la base d'une évaluation des politiques menées dans douze domaines. Au vu des notes attribuées, le paquet Énergie/Climat adopté en décembre 2008 est sans conteste la plus grande avancée de la Commission, mais les ONG blâment l'incapacité de la Commission à réformer les politiques agricoles et de la pêche, et à proposer des politiques économiques durables.
À l'heure où l'Europe est affectée par les crises économique et environnementale, les ONG lancent donc un appel à la prochaine Commission pour qu'elle redouble d'efforts, au cours des cinq prochaines années, pour mettre en place des politiques bénéfiques pour l'environnement et la santé des citoyens, et créatrices d'une croissance économique et d'emplois durables.
Dans le classement opéré, la pire des performances concerne la stratégie de développement durable (2/10), tandis que le climat peut s'enorgueillir d'un 7/10 - la meilleure note du classement -, l'énergie et les transports d'un 6/10 ex aequo. À mi-chemin de ces extrêmes, la mise en œuvre du droit communautaire et la santé atteignent tout juste la moyenne (l'interdiction générale du mercure et les propositions positives pour réduire la pollution de l'air contrastent avec les désaccords internes sur la législation visant à interdire les substances dangereuses). Tous les autres secteurs n'atteignent même pas la moyenne: l'agriculture, la biodiversité et les écosystèmes (faute d'un financement adéquat des sites Natura 2000, d'une proposition de directive suffisamment ambitieuse pour la stratégie marine, et du fait du soutien constant aux OGM), le budget et la politique de cohésion sont affublés d'un 4/10, les ressources naturelles et la transparence d'un 3/10.
Si la Commission Barroso a pris un mauvais départ en estimant que les objectifs environnementaux n'étaient pas compatibles avec l'agenda prioritaire pour l'emploi et la compétitivité, elle a, sous la pression de l'intérêt croissant du public et des médias pour les questions environnementales, redressé la barre dans la seconde partie de son mandat en renforçant la législation relative au climat, à l'énergie et aux transports, souligne le rapport. Les ONG rappellent toutefois que ces politiques n'ont pas débouché sur les résultats escomptés puisque les propositions initiales de la Commission ont été édulcorées par les gouvernements de l'UE. La nouvelle Commission aura encore beaucoup à faire, estiment les ONG. (A.N.)