Hluboká nad Vltavou, 27/03/2009 (Agence Europe) - La Bohême du sud et le château néogothique de Hluboká nad Vltavou, propriété historique de la famille Schwarzenberg, accueille durant deux jours la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'UE. Le traditionnel « Gymnich » s'est ouvert vendredi 27 mars, sous la présidence du chef de la diplomatie tchèque, Karel Schwarzenberg, par une discussion sur la situation au Proche-Orient. L'attitude à adopter vis-à-vis du Bélarus devait aussi faire l'objet d'un débat sans qu'aucune décision définitive ne soit prise sur la participation du président Loukachenko au Sommet de lancement du Partenariat oriental le 7 mai, a confirmé à son arrivée la commissaire aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner (plusieurs ministres ont appelé les autorités du pays à intensifier les réformes, notamment en matière de liberté d'expression). Les Vingt-sept devaient ensuite discuter de la mission de police européenne en Afghanistan, avec en tête la nouvelle stratégie pour l'Afghanistan présentée le même jour par le président américain. Cette annonce sera accueillie favorablement par les Européens, qui ont indiqué leur intention de renforcer leur contribution civile (mais en évitant une multiplication des structures). Mme Ferrero-Waldner a pour sa part estimé qu'une aide financière supplémentaire de l'UE pourrait être annoncée lors de la conférence sur l'Afghanistan, qui se tient à La Haye, la semaine prochaine.
Mais le week-end sera surtout dominé par la question de l'élargissement, qui sera évoquée ce samedi en présence des ministres des pays candidats à l'adhésion (Croatie, Turquie et Macédoine), de représentants d'Albanie, de Bosnie-Herzégovine du Monténégro et de Serbie, ainsi que du commissaire Olli Rehn. L'objectif de la Présidence tchèque sera de réaffirmer la perspective d'adhésion, alors que le contexte actuel (crise économique, incertitude sur le Traité de Lisbonne, prochaines élections européennes, etc.) incite plusieurs États membres à la prudence (l'Allemagne a notamment plaidé pour une pause dans l'élargissement après l'entrée de la Croatie). Pour David Miliband, la perspective d'adhésion est « très importante » et il est « juste de poursuivre le processus menant à l'élargissement » selon les critères définis. Il faut « envoyer un signal que les portes de l'UE ne se sont pas fermées », a insisté le ministre britannique. Son homologue slovaque, Miroslav Lajèák, a réaffirmé que l'adhésion devait être une perspective « tangible et viable » et qu'« il n'y a aucune raison d'arrêter quoi que ce soit », même si l'adhésion reste relativement lointaine pour la plupart des pays candidats. « Nous avons certains engagements qu'il nous faut respecter », souligne Alexander Stubb, pour qui il faut « garder les pays des Balkans occidentaux à bord ». « La crise financière accélérera, selon moi, l'élargissement plutôt qu'elle ne le ralentira », estime le ministre finlandais.
Les pays de la région connaissent, à des degrés divers, des contretemps dans la procédure: la candidature du Monténégro est bloquée à un stade préliminaire, la Macédoine attend depuis 2005 l'ouverture des pourparlers d'adhésion et le différend frontalier avec la Slovénie perturbe les négociations de la Croatie. Alors que la prochaine conférence d'adhésion avec la Croatie a été reportée au 24 avril, avec l'espoir de parvenir entre-temps à un résultat sur le différend frontalier entre la Croatie et la Slovénie, le commissaire Rehn fera le point avec les ministres sur les dernières avancées. Le ministre autrichien Michael Spindelegger, qui s'est entretenu avec son homologue croate le matin même, a noté des « pas en avant », se disant conforté dans son optimisme en vue d'une solution. (A.B.)