Bruxelles, 27/03/2009 (Agence Europe) - La journée du 24 mars fera date dans les annales du Comité économique et social européen (CESE). Celui-ci a en effet adopté, en session plénière à Bruxelles, un document stratégique et portant sur le long terme concernant le débat politique actuel et les défis à relever. Intitulé « Programme pour l'Europe: les propositions de la société civile », ce document a été initié par le président du CESE Mario Sepi et proposé par les trois groupes du CESE (employeurs, travailleurs et activités diverses).
Ce programme comprend des propositions concrètes pour surmonter la crise économique et soutenir une croissance durable dans les années à venir. Ces propositions sont regroupées autour de quatre thèmes: la relance de l'économie à court et à moyen terme, les droits fondamentaux et le modèle social européen, le développement durable, la gouvernance. Ces thèmes sont déclinés en 22 fiches thématiques. Les discussions en plénière ont montré l'existence d'un très grand consensus entre les groupes composant le CESE ainsi que « la cohérence du travail du CESE », souligne un communiqué.
Le CESE va présenter ce document aux institutions de l'Union européenne. Il s'adresse aussi aux citoyens européens, qui s'apprêtent à voter pour désigner leurs représentants au Parlement européen.
Devant la plénière, Mario Sepi a mis en exergue la nouveauté de ce programme pour l'Europe par rapport aux avis « classiques » du CESE: le programme pour l'Europe apporte « une vision globale, stratégique et à long terme pour l'avenir de l'Europe ». Staffan Nilsson, président du groupe des activités diverses, a affirmé: « La vision à long terme présentée dans le document éclairera le débat pour les élections européennes et pourrait donc contribuer à ce qu'il y ait plus de votants que les années précédentes où le taux de participation était inacceptablement bas ». Henri Malosse, président du groupe des employeurs, a déclaré: « L'UE a besoin d'un nouveau projet politique et c'est exactement ce que nous lui soumettons ». Parmi les recommandations concrètes formulées dans le programme, M. Malosse a cité: mise en place d'une vraie société de la connaissance et des communications, renforcement de la base industrielle de l'Europe, réduction des émissions de CO2 dans le secteur de la construction et le remodelage de la structure européenne de la gouvernance. Georgios Dassis, président du groupe des travailleurs, a mis en exergue la qualité « unique et consensuelle » du programme, soulignant que « les initiatives concrètes ont été approuvées par tous les secteurs de la société européenne ».
Mario Sepi: les contrats de solidarité liés à certaines formes de formation professionnelle
sont nécessaires - Conclusions de la conférence du 17 mars
Les résultats de la conférence sur la crise des marchés financiers (22-23 janvier 2009) et de celle sur l'économie réelle (17 mars 2009) sont développés dans ce programme pour l'Europe. Un débat sera ouvert avec les groupes parlementaires européens à la veille des élections, a annoncé le président Sepi dans ses conclusions. Parmi les thèmes abordés au cours du débat du 17 mars, Mario Sepi a indiqué:
(1) l'appel lancé aux banques pour qu'elles facilitent l'obtention des crédits. Celles-ci ont ralenti leur apport de crédits aux entreprises, car elles sont effrayées par le manque de confiance mutuelle ; (2) la reprise de la demande (des ménages et des entreprises). Les conseils économiques et sociaux nationaux ont fait part d'une série de mesures intelligentes et créatives prises dans leurs pays respectifs, notamment en matière d'aide aux familles les plus démunies et à l'enfance, ainsi que d'autres mesures sociales qui constituent un élément de soutien à l'activité productive en ce moment de crise de confiance. « La confiance est devenue une catégorie économique, mais reste avant tout un problème de consensus sur la base des messages que nous recevons. En ce sens, l'interprétation dominante de la crise est très négative », écrit le président Sepi dans ses conclusions. Il faut « que l'establishment politique et économique envoie des messages clairs comme une déclaration solennelle se concrétisant clairement par une clause de solidarité à l'égard de tous les pays européens » ; (3) l'emploi: nécessité de: - limiter l'augmentation du chômage en comptant sur une reprise la plus rapide possible ; - ne pas disperser les compétences et les structures organisationnelles car cela pourrait nuire à la relance économique ; - rétablir des instruments tels que les contrats de solidarité liés à certaines formes de formation professionnelle, à appliquer dans le cadre de la réduction du temps de travail. « Il est évident », souligne Mario Sepi, « que ces accords doivent être conclus au niveau des entreprises par le biais des mécanismes de négociation collective ». En outre, ajoute-t-il, « on pourrait imaginer des incitations fiscales ou financières dans le cadre de ces négociations. Le principal objectif de ces mesures devrait être le maintien du capital social, qui est une composante essentielle de la compétitivité européenne » ; (4) mesures européennes: il faut prévoir dès à présent de nouveaux instruments afin de diluer les effets de la crise. « La Commission pourrait augmenter ultérieurement les fonds disponibles dans le cadre du FSE et du FEM, vers lesquels pourraient être dirigées les ressources non utilisées dans d'autres politiques communautaires ». Les conclusions du président Sepi sur la conférence « Rien n'est joué ! Sortons de la crise ensemble, vers le progrès ! » et le programme pour l'Europe sont disponibles sur le site http: //eesc.europa.eu (G.B.)